Le spécialiste de la volaille a réalisé un exercice 2016/2017 sans faute dans chacun de ses pôles d’activité. Fort d’une situation bilantielle confortable, le groupe peut poursuivre ses investissements industriels et ses projets d’acquisitions, notamment à l’international. Attentifs à l’évolution des matières premières, les dirigeants ne donneront leurs objectifs chiffrés qu’en novembre prochain.
Le groupe LDC a annoncé le 31 mai des résultats annuels supérieurs aux attentes. Au global, pour l’exercice 2016/2017 (clos le 28 février), LDC a dégagé un résultat opérationnel courant de 176,6 millions d’euros (+ 11,3 %), pour un chiffre d’affaires de 3,58 milliards d’euros, en hausse de 2,9 % (+1,6 % à périmètre et change constants). Le bénéfice net a atteint quant à lui 130,3 millions d’euros (+14,5 %). Le groupe prévoit de distribuer un dividende de 1,40 euro par action (+12 %).
Des pôles tous en croissance
Dans la volaille France qui affiche, hors amont, un chiffre d’affaires de 2,57 milliards d’euros (+0,6 % à périmètre identique), le groupe a bénéficié d’un contexte matières premières globalement favorable. Les ventes en grande distribution (qui représentent 61 % du CA du pôle) ont également été tirées par les produits élaborés et de découpes à marques Le Gaulois et Maître Coq. Dans un marché de la volaille globalement en retrait de 1,6 %, LDC affiche une performance de 2,3 %. La marque Loué, grâce à sa position de leader, enregistre elle aussi une croissance de 2,3 % sur le marché de la découpe & élaborés crus, contre un recul de 0,4 % du marché. Selon un classement LSA publié en avril 2017, il apparaît qu’en 2016 LDC est le plus gros contributeur de la croissance en GMS, grâce à ses marques Marie, Loué, Maître Coq et le Gaulois, devant Heineken, Sodebo, AB Inbev, Ferrero et Andros.
Suite au rachat il y a deux ans des sites Glon en Bretagne, le groupe atteindra avec un an d’avance en septembre prochain, son objectif fixé de reconquérir 20 % des importations françaises de volaille à destination de la restauration commerciale et l’industrie et qui représentent environ 300 000 poulets par semaine. "Un apport additionnel de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, qui ne se fait pas au détriment de la rentabilité ", a précisé Denis Lambert, le président lors de la conférence de presse. À 5 %, la marge opérationnelle courante est en effet dans les standards du groupe.
À l’international, compte tenu de l’arrêt de certaines activités de Drop en Pologne et de la déconsolidation de l’Espagne, le chiffre d’affaires est en repli de 1,3 % à 241,9 millions d’euros et les volumes de 2,3 %. A périmètre et change constants, les ventes sont en hausse de 4,6 %. Les mesures prises en Pologne pour l’amélioration du mix produit ont commencé à porter leurs fruits et le chiffre d’affaires en GMS qui représentent 54 % des ventes, a augmenté de 14,5 %, porté par le développement des produits à marques.
Le traiteur frais et surgelé (respectivement 74 % et 26 % du chiffre d’affaires), a lui aussi enregistré de très belles performances en GMS, notamment dans les plats cuisinés avec une hausse de 10 % pour LDC quand le marché affiche +5,5 %. En revanche, sur les pizzas et sandwichs, les ventes du groupe reculent de 8,3 %, alors que le marché croît de 3,3 %. Une croissance sur tous les pôles, non seulement supérieure aux attentes, mais qui les a également tous concernés pour "la première fois depuis quinze ans", a souligné Denis Lambert, visiblement satisfait.
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Une trésorerie nette de 186 M€
Côté bilan, les capitaux propres ont à la fin de l’exercice pour la première fois dépassé le milliard d’euros, à 1,017 milliard, et le groupe dispose d’une trésorerie nette positive de 186 millions d’euros. La capacité d’autofinancement atteint 244,3 millions d’euros (+22,9 %), le groupe a donc les moyens de poursuivre ses investissements. Après 161 millions d’euros en 2016/2017, 180 millions sont programmés sur l’exercice en cours, notamment dans l’usine Marie de Sablé-sur-Sarthe. Côté acquisitions, après le rachat de Lionor dans le Nord de la France et celui du couvoir Perrot en Bretagne qui représentera à terme 30 % de ses approvisionnements en poussins, le groupe LDC semble décidé à poursuivre ses projets. Le renforcement des équipes avec la nomination d’un responsable dédié à l’international qui devrait permettre d’accélérer la croissance n’est pas un hasard. Philippe Gelin, l’ancien directeur du pôle Traiteur, a en effet été nommé directeur de l’International et de l’export, laissant ainsi à Gilles Huttepain la possibilité de se concentrer à 100 % sur l’amont. De son côté, Stéphane Sallé, le directeur de Maître Coq, devient le directeur du pôle Traiteur. Ainsi à l’international, le groupe compte dupliquer le modèle LDC qui a fait ses preuves, c’est-à-dire un pays disposant d’un certain pouvoir d’achat et d’infrastructures portuaires et d’une présence de la GMS pour accélérer la croissance. Outre une consolidation de sa présence en Pologne, LDC pourrait s’intéresser, dans les pays où il n’est pas présent, à "des cibles profitables, tournées vers la qualité et le bien-être animal et l’environnement". Intéressé par un développement dans le végétal comme plusieurs de ses concurrents, LDC a pour le moment lancé plusieurs produits à marque Le Gaulois et envisage de développer des produits Marie, dans le cadre d’une extension de sa gamme. "Mais le développement de LDC dans le végétal pourrait aussi être une acquisition, à ce moment-là, ça deviendrait une division à part entière", a encore confié Denis Lambert.
Prudence pour 2017/2018
La reconquête des importations, qualifiées "de plus gros concurrents de LDC" par le président, reste un vrai challenge pour le groupe. À l’amont, "la contractualisation avec les éleveurs permettra de gagner en productivité et en compétitivité face aux éleveurs européens ", estime Gilles Huttepain. Ce dernier a également annoncé la mise en place d’un audit indépendant annuel des élevages, afin d’être non seulement évalués, mais aussi aidés si besoin. Une réorganisation qui doit permettre d’accélérer la croissance.
Pour l’exercice qui vient de démarrer, Denis Lambert n’a pas caché que la vigilance sur les matières premières dans le pôle volaille restait de mise, alors que "dans le traiteur, des tensions existent déjà dans le beurre notamment". Autant d’éléments qui devraient selon lui "accélérer la pression concurrentielle en France" sur les prochains mois. Prudent, le patron de LDC préfère attendre et donnera des objectifs chiffrés en novembre prochain à l’occasion de la publication des comptes semestriels.