Volaille > Dans un marché toujours difficile, notamment marqué par la hausse du prix des matières premières, LDC a publié des résultats annuels supérieurs aux attentes. Le groupe a également fait le point sur les dernières acquisitions et ses projets à l’international.
Sur son exercice 2017/2018 (clos le 28 février), le leader européen de la volaille a enregistré une croissance de 4,6 % de son résultat opérationnel courant (ROC) à 184,7 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 3,8274 milliards, en hausse de 6,9 % (+5,4 % à périmètre et change constants). La marge opérationnelle courante passe donc à 4,8 % contre 4,9 % en 2016/2017. Le bénéfice net progresse quant à lui de 8 % à 140,7 millions d’euros. Ces chiffres résultent d’une bonne performance de l’activité dans les trois pôles d’activité du groupe.
Dans la volaille, les ventes ont progressé de 5,6 % à 669 millions d’euros pour des volumes en hausse de 3,9 %, "illustrant l’évolution du mix-produit en faveur des produits élaborés". À noter que le groupe surperforme le marché de la volaille dans les quatre gammes de produits Labels, Entiers, Découpes & Élaborés crus et Élaborés cuits, porté par ses marques (Le Gaulois, Maître Coq, Loué), avec une performance globale de 2,3 %, alors que le marché recule de 0,5 % sur la même période (source Kantar/IRI et LDC).
À l’international, le groupe a enregistré une forte progression de son activité en valeur, avec une progression de 13,2 % de son chiffre d’affaires (+10,8 % à change constant), pour une hausse de 3,9 % des volumes. En Pologne, "nous avons arrêté les poulets PAC (prêt à cuire) et mis l’accent sur les produits élaborés, tout ça au profit de la marge", a souligné Denis Lambert, le président de LDC lors de la conférence de presse du 30 mai. Les produits élaborés marquent ainsi une augmentation en volume de 27,1 % sur un an, alors que le poulet PAC recule de 27,2 %. Si les ventes restent quasi stables en GMS sur un an (+1,6 %), elles progressent fortement à l’export (+28 %), où elles représentent 29 % en valeur. "En Pologne aujourd’hui, 21 % des ventes sont faites avec des marques (Zagrodowy, Podlaski et Drosed, ndlr), contre 50 % en France, ce qui montre qu’il existe encore du potentiel", a également souligné le dirigeant.
Bonne performance du pôle traiteur
Enfin, le traiteur a connu une belle croissance dans un contexte matière première exigeant, tiré par le succès des plats cuisinés Marie. Le chiffre d’affaires a augmenté de 8 % à 603,5 millions d’euros (+6,1 % pour les tonnages) et le groupe a fait mieux que le marché en frais et en surgelé. Non seulement, LDC a profité des ventes de fond de rayon, mais également des retombées positives des importants efforts de communication, notamment sur les plats cuisinés Marie qui lors des campagne TV enregistraient des pics de hausse des ventes de 40 à 70 %. À noter que cette croissance des volumes, ajoutée à l’évolution favorable du mix-produit a permis de compenser le coût des hausses des matières premières (-11 millions d'euros sur l’exercice) et donc de maintenir le ROC de la branche Traiteur à 14,9 millions d’euros.
Un bilan consolidé
Au niveau du bilan, LDC affiche une trésorerie nette positive de 201 millions d’euros et des capitaux propres de 1,17 milliard d’euros. "Une situation financière solide, a confirmé Laurent Raimbault, le directeur administratif et financier, qui permet au groupe de suivre sa stratégie d’investissement et de croissance externe". Côté investissements, le groupe a consacré 181 millions d’euros au soutien de la productivité en 2007/2018, un montant un peu inférieur à ce qui était annoncé, mais couvert par la capacité d’autofinancement de 246,6 millions d’euros (+0,9 %).
Les investissements dans Doux
Comme annoncé depuis quelques jours par le tribunal de commerce de Rennes, LDC a donc confirmé la reprise d’une partie des actifs et des activités du groupe Doux, laissant au groupe Al Munajem, le principal client de Doux, les activités surgelées dédiées à l’export. "LDC est propriétaire de la marque Doux dans le monde, sauf dans le Golfe persique, ont souligné les dirigeants, une marque reconnue à l’export". Cinq millions d’euros d’investissements sont prévus pour renforcer le site de produits élaborés de Quimper (Finistère). Un site dont le chiffre d’affaires atteint 32 millions d’euros, majoritairement à l’export (17 500 tonnes) avec un Ebitda inférieur à 2 millions d’euros. À Châteaulin (Finistère), LDC va construire un nouveau site de découpe dédié aux marchés industriels et à la restauration. Dans deux ans, l’objectif de LDC est d’atteindre 400 000 poulets par semaine avec un effectif de 250 personnes. L’investissement global atteindra 55 millions d’euros.
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Accélération de l’internationalisation
En avril, à l’occasion de la publication de son chiffre d’affaires annuel, LDC avait annoncé l’acquisition de la société Marcel Favreau, société vendéenne spécialisée dans l’abattage et la découpe de canard de Barbarie, et le projet de reprise des sociétés Couthouis et Péridy (Agra Alimentation du 12 avril 2018). Ces opérations réalisées ou en cours lui permettent de développer ses exportations sur des produits à forte valeur ajoutée. Compte tenu des activités qu’il réalise déjà dans le canard, "LDC détiendrait environ 25 % du marché du canard en Europe, selon les dirigeants, avec un chiffre d’affaires supérieur à 250 millions d’euros".
LDC a en outre annoncé l’acquisition en cours de la majorité de la société Tranzit en Hongrie. Cette société familiale, spécialisée dans l’oie et le canard, affiche pour 2017, un chiffre d’affaires consolidé de 108 millions d’euros, dont 60 % à l’export, essentiellement en Allemagne (63 %) et un Ebitda de 20 millions. Elle compte plus de 300 000 m2 de surface d'élevage (46 fermes), un couvoir, deux usines d'aliments, deux abattoirs et s'est lancée en 2017 dans le développement des activités poulet. Concrètement, LDC détiendra 70 % de l’entreprise, aux côtés de la famille fondatrice Szabo pour le solde. Aucun détail sur le montant de la transaction n’a été dévoilé. L’intégration de cette société est prévue au second semestre, sous réserve du feu vert de l’autorité de la concurrence allemande, pays où Tranzit réalise l’essentiel de ses ventes. L'objectif de LDC est de faire de cette entreprise "une base de consolidation du marché hongrois et export". À un horizon trois ans, LDC vise un chiffre d'affaires consolidé de l'ordre de 200 millions d'euros et une marge d'Ebitda supérieure à 15%.
Objectifs pour 2018/2019
Sur l’exercice en cours, LDC prévoit d’investir 220 millions d’euros, toujours prioritairement sur le pôle volaille (70 %), essentiellement dans la compétitivité et les capacités (40 %), la santé au travail (25 %) et les innovations (10 %). Et le groupe compte également maintenir ses efforts en communication avec un budget prévu de 17 millions d’euros (contre 15,5 millions un an plus tôt).
Difficile pour les dirigeants de LDC, vu le contexte de matières premières toujours tendu en ce début d’année, de donner des prévisions de résultats annuels chiffrées. Néanmoins, le groupe s’est fixé des objectifs de ROC par pôle, restant entendu que tout ceci reste conditionné par l’évolution des matières premières. Dans le pôle Volaille, il compte "renouveler la performance de l’exercice 2017-2018", en traiteur "afficher une légère progression" et à l’International "dégager un résultat opérationnel courant en progression grâce à l’intégration de Tranzit". Denis Lambert a bon espoir "d’y voir plus clair dans le courant de l’été", sachant que "soit, comme il y a deux ans, les prix des matières premières repartent à la baisse et ça va, soit comme il y a cinq ans, ils restent orientés à la hausse et nous devrons passer des hausses de prix". À l’époque, rappelle Denis Lambert, "le groupe ne pouvant supporter un coût matière première de l'ordre de 100 millions d’euros, nous avions mis six mois à faire passer des hausses, que nous avions obtenues".
Sofiprotéol monte à 3 % dans le capital de LDC
À la faveur d’une augmentation de capital réservée d’un montant de près de 30 millions d’euros, Sofiprotéol a augmenté sa participation à 3 % dans le capital de LDC. Ce lien capitalistique remonte à 2014, date à laquelle les deux groupes s'étaient alliés autour de Glon/Sanders, la filiale de Sofiprotéol (groupe Avril). Un partenariat industriel qui vise "au développement d’une filière française performante à l’ambition internationale", rappelle LDC. Sofiprotéol siège au conseil de surveillance du leader européen de la volaille depuis août 2015.
Un renforcement toujours très minoritaire de Sofiprotéol qui ne modifie nullement la physionomie du capital de LDC, toujours entre les mains des familles fondatrices, avec celle de Denis Lambert en tête (42,32%), puis Chancereul (18,53%) et Huttepain (9,56%).