Le numéro un de la volaille LDC a tenu ses objectifs sur l'exercice qui s'est achevé fin février. Lors de la conférence de presse du 25 mai, les dirigeants se sont félicités de l'intégration réussie des outils de Sanders et du redressement de la rentabilité du pôle Traiteur. La prudence est de mise pour 2016/2017 en raison des incertitudes qui pèsent sur l'évolution du prix des céréales et du niveau de consommation. Fort d'une solide situation financière, le groupe a un programme d'investissement industriel conséquent.
A l'occasion de la présentation des résultats de l'exercice 2015/2016 (clos le 29 février) LDC a tout à la fois montré des motifs de satisfaction et d'inquiétude. Si le groupe dirigé par Denis Lambert a toutes les raisons de se féliciter du redressement de son pôle traiteur grâce au dynamisme de sa marque Marie et de la surperformance de ses marques Loué et Le Gaulois sur un marché de la volaille en berne, il est néanmoins préoccupé par l'évolution du prix des céréales (essentiellement le maïs et le soja) et de la consommation des ménages pour les mois à venir. Pour l'heure, le groupe anticipe un résultat opérationnel en léger retrait pour l'exercice en cours.
En effet, après deux années très favorables sur les prix des matières premières (qui entrent pour 65 % dans le prix du poulet) et qui ont permis au groupe de consolider ses volumes, « l'environnement est très incertain », expliquent les dirigeants, qui espèrent y voir plus clair en septembre. Quant à la consommation à domicile, après un recul de 0,7 % sur le rayon volaille au second semestre 2015, la baisse atteint 1 % de janvier à avril (source LDC). Si les produits du pôle volaille (77,7 % du chiffre d'affaires) du groupe bénéficient d'une très bonne notoriété auprès des consommateurs et tirent l'ensemble du marché, la tendance morose a obligé LDC à consentir des efforts de prix pour soutenir l'activité.
RECONQUÊTE DES POULETS IMPORTÉS
Cette prudence affichée par les dirigeants s'entend après un exercice 2015/2016 conforme aux attentes et d'ailleurs bien accueilli par les investisseurs, l'action ayant gagné plus de 1% depuis la publication. Sur l'exercice écoulé, LDC a ainsi enregistré un résultat opérationnel courant en hausse de 3,7% à 158,6 millions d'euros, représentant 4,6% du chiffre d'affaires (contre 5% en 2014-2015). Un chiffre d'affaires qui s'élève quant à lui à 3,47 milliards d'euros, en hausse de 14,9% (+2,3% à périmètre identique). Les tonnages vendus s'inscrivent en progression de 24,9% (+3,6% à périmètre identiques). Denis Lambert a notamment souligné l'intégration réussie des outils Sanders repris au groupe Avril et réunis au sein de la Société Bretonne de volaille, accompagnée d'un redressement de la rentabilité. La marge d'exploitation passe ainsi à 2,4 % du chiffre d'affaires (389 millions d'euros) contre 1,7% un an auparavant et le groupe a bon espoir d'atteindre son objectif de 3%. Mais le défi de LDC porte surtout la reconquête des importations de poulet, qui se sont poursuivies en 2015 sur le marché français. Selon FranceAgri-Mer, « la France importe 42 % de sa consommation de poulet avec des prix inférieurs de 10 à 30 % selon les pays ». À l'horizon 2018, LDC a pour ambition de reconquérir 20 % des 1,5 million de poulets frais importés chaque semaine en France, soit 300 000 poulets. Dès septembre, le groupe compte arriver à 200 000 pièces. Pour ce faire, le groupe a décidé d'accélérer son programme d'investissement de 150 millions en trois ans au lieu de cinq années initialement prévues. Après le dernier accord annoncé en début d'année avec KFC, LDC est toujours en pourparlers avec des grands noms de l'agroalimentaire et de la restauration pour des accords de partenariat qui pourraient déboucher dans les mois qui viennent. À l'international, l'intégration du polonais Drop prend en revanche plus de temps que prévu. Cette société a affiché un résultat opérationnel courant négatif de 3 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires de 38 millions sur l'exercice écoulé. Des actions ont été engagées et Denis Lambert espère « réduire la perte d'exploitation à 1 million l'an prochain ».
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La bonne nouvelle sur le dernier exercice est surtout venue du pôle traiteur, qui grâce aux efforts engagés ces derniers mois, a passé un cap important dans le redressement de la croissance et de la rentabilité. En 2015/2016, le traiteur a réalisé un chiffre d'affaires de 531,5 millions d'euros, en hausse de 4,5 %, grâce notamment à la bonne performance des plats cuisinés. À noter que le groupe fait mieux que le marché dans le traiteur frais avec une hausse de 5 % en volume (plus 3,3 % pour le marché) et surtout dans le surgelé avec une hausse de 4,5 % quand le marché baisse de 3,6%. Avec une présence sur sept segments du marché (entrées exotiques, plats cuisinés, tartes salées, pizzas, sandwichs, crèmes et galettes et pâtes à dérouler), les produits du groupe LDC occupent 55,8 % du rayon traiteur. Confirmant son dynamisme, la marque Marie affiche une croissance de ses ventes de 11 % en volumes et se targue d'une part de marché de 4,3 %, devant Fleury Michon avec 3,9 % et Daunat (3,6%). Le résultat opérationnel courant fait quant à lui un bond en avant à 11 millions d'euros (contre 1,8 million en 2104/2015 et une perte de 0,1 million en 2013/2014).
Cette année, pour soutenir la croissance, LDC prévoit « d'investir plus que jamais en communication », a indiqué Denis Lambert. Au total 12,3 millions seront consacrés à des campagnes publicitaires (contre 11,4 millions en 2015), dont 7 millions dans la volaille (contre 6,2 millions un an auparavant) alors que le même budget sera reconduit dans le traiteur. Le groupe qui a déjà dévoilé l'arrivée de nombreuses innovations dans ces deux pôles dans ces différentes marques, a promis d'annoncer un développement sous marque Marie dans le traiteur en novembre prochain, au moment de la publication des résultats semestriels.
D'IMPORTANTS INVESTISSEMENTS INDUSTRIELS
« Un niveau sans précédent », a précisé Denis Lambert,d'investissements industriels est également au programme. 180 millions d'euros (contre 162 millions un an plus tôt entièrement autofinancés) seront essentiellement investis dans le pôle volaille (73 %) pour améliorer la compétitivité (30 % des fonds) et la capacité de production (19 %). Côté acquisitions, si « grandir n'est pas forcément l'objectif de LCD en volaille », explique Denis Lambert, le groupe reste néanmoins toujours intéressé par l'acquisition d'«une marque locale en France ou en Europe », confiant : « La croissance pour nous, c'est d'avoir plus de projets qui nous rendent plus forts ». Le groupe a encore renforcé sa structure de bilan en 2015/2016, avec 907,4 millions d'euros de capitaux propres (contre 797,2 millions) et une trésorerie nette de 148,5 millions d'euros. Dans l'œuf, en revanche, si la reprise en direct de la commercialisation a permis de redresser la barre, le groupe n'a aucune ambition de développement sur ce segment de marché. « Les investissements, environ 10 millions d'euros sur trois ans, ont payé et permis de réaliser un chiffre d'affaires de 70 millions d'euros », a ainsi confié Gilles Huttepain, directeur du pôle international et de l'amont.
Lors de l'assemblée du 25 août, les actionnaires se verront proposer un dividende de 2,50 € par action (contre 2,30 € un an auparavant). Un projet de division du nominal par deux sera également soumis au vote de l'assemblée. LDC est détenu majoritairement par quatre familles (Lambert, Chancereul, Huttepain et Guillet) et la part du capital dans le public est à peine supérieure à 15 %. Un flottant réduit qui limite les échanges, une situation dont les dirigeants ont bien conscience.