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Résultats LDC pénalisé au premier semestre par la hausse de certaines matières premières

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Le groupe de volaille a enregistré une bonne croissance de ses ventes sur les six premiers mois de 2017/2018, mais le coût des matières premières a pesé sur sa rentabilité. L’activité en Pologne poursuit son redressement, alors que dans le traiteur, le groupe continu de creuser l’écart. Pour l’ensemble de l’exercice en cours, les dirigeants prévoient un résultat opérationnel courant équivalent au précédent.

Dans un environnement contrasté ces derniers mois, notamment marqué par l’évolution des matières premières et une consommation ralentie, LDC a publié pour le premier semestre de son exercice 2017/2018 (clos le 28 février) des chiffres "satisfaisants", aux dires même de ses dirigeants. Le groupe a dégagé un résultat opérationnel courant en hausse de 2,4 % à 93,2 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 1,85 milliard d’euros (+ 6,7 %). La marge opérationnelle se tasse donc sur ce semestre à 5 % (contre 5,3 % à la même période de 2016/2017). Des résultats semestriels certes inférieurs aux attentes des analystes, mais qui ne remettent pas en cause le profil de l’entreprise selon la société de Bourse Portzamparc qui met en avant "la bonne dynamique commerciale, des gains de parts de marché et du fusions-acquisitions à venir, le tout couplé à un bilan extrêmement solide pour le secteur".

Dans la volaille, grâce à l’intensification des efforts promotionnels pour soutenir la consommation à domicile toujours en berne, le chiffre d’affaires (hors amont) est en croissance de 6 % à 1,33 milliard d’euros. Les tonnages commercialisés ont augmenté de 6,8 % après intégration de la société Lionor, acquise en début d’année. À périmètre constant, les ventes et les tonnages de la branche affichent des hausses respectives de 4,5 % et 4,9 %. Le soutien à la marque a pesé sur la rentabilité, du coup la marge opérationnelle dans la volaille hors amont se tasse à 6 % (contre 6,3 % au premier semestre 2016/2017).

À l’international, les réorientations stratégiques opérées en Pologne, vers des produits élaborés et des marques propres portent leurs fruits. Les ventes font un bond en avant de 16,7 % à 123,8 millions d’euros (+7,8 % pour les volumes), et le résultat opérationnel courant est multiplié par 2,6. Du coup, la marge opérationnelle sur ces six mois, s’inscrit à 3,1 % (contre 1,4 % au premier semestre 2016/2017 et 1,7 % sur l’exercice 2015/2016), laissant espérer un taux supérieur à 4 % sur l’ensemble de l’exercice en cours, selon les prévisions du groupe. Déficitaire à la reprise en 2014, le polonais Drop s’est redressé. Le groupe a quasiment abandonné les poulets PAC, dont l’activité baisse de 25 % sur six mois et ne représente plus que 9 % du chiffre d’affaires, alors que les spécialités de volailles progressent de 26 % (un quart des ventes). Une évolution du mix produit, qui s’est également accompagnée d’une évolution du mix client, avec une pénétration renforcée dans de nouvelles enseignes de distribution. La GMS représente " 56 % des volumes (+5,8 %), contre 25 % à notre arrivée en Pologne", a souligné Denis Lambert, le président de LCD.

Coût non négligeable des matières premières

De son côté, le traiteur, poursuivant sur sa lancée, a vu son chiffre d’affaires progresser de 7,4 % à 279,7 millions d’euros, avec des tonnages en hausse de 6 %. "Seule ombre au tableau : la hausse des matières premières", a souligné Denis Lambert. Cette hausse qui touche notamment le beurre (+81 % sur 12 mois) et l’emmental (+25 % sur 12 mois) a pesé pour 4 millions d’euros dans les comptes semestriels de LDC et "devrait être encore plus importante encore au second semestre, dépassant ainsi les 8 millions d’euros sur l’exercice", a précisé Laurent Raimbault, le directeur administratif et financier. Pour autant, le groupe a surperformé le marché du traiteur en frais (+ 9 %, contre +5,4 % pour le marché) comme en surgelé (+4,3 % contre -2,9 %) en GMS en valeur. Et dans le frais uniquement, ses volumes sont également meilleurs que ceux du marché, avec une hausse de 9 %, contre +3,8 % pour le marché traiteur hors salade et pâtes fraîches, segment où il n’est pas présent. Néanmoins, la hausse des volumes n’a pas permis de compenser le coût matière première, qui représente 50 % du coût de production. Ainsi, le résultat opérationnel a chuté de 19,4 % à 5 millions d’euros, et la marge opérationnelle est passée de 2,4 à 1,8 % d’un semestre à l’autre.

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Une situation financière toujours saine

Côté bilan, au 31 août, les capitaux propres atteignent 1,065 milliard d’euros, avec une trésorerie nette positive de 190,8 millions d’euros (157,3 millions au 31 août 2016). Des moyens financiers qui, ajoutés à une bonne capacité d’endettement, permettent à LDC de poursuivre sa politique de croissance externe (lire aussi page 1). À noter que les 88 millions d’euros d’investissements réalisés sur les six premiers mois de l’exercice, dont une majorité dans la volaille (79 %) et le traiteur (14 %) sont couverts par la capacité d’autofinancement (129,2 millions d’euros en hausse de 8,3 % sur un an).

Noël et le Nouvel an chinois, deux rendez-vous importants

Pour les mois à venir, à l’international, LDC veut donner la priorité à son développement en Pologne. Le groupe compte arriver à 25 % de ses activités hors de France (Pologne et export), "le plus tôt serait le mieux, pourquoi pas avant 2025", estime le président. Le groupe qui s’était penché sur le dossier reprise du nord irlandais Moy Park (finalement racheté par l’américain Pilgrim’s pour 1,3 Mrd$ – 1,1 Mrd€ – auprès du brésilien JBS), reste à l’affût d’opérations du même type. "Notre métier est de créer de la valeur, pas de faire du volume", a néanmoins rappelé Denis Lambert. Les prochains mois seront aussi décisifs pour le pôle volaille en France du groupe, alors que la consommation à domicile baisse de manière interrompue depuis 2013. LDC qui réalise une part importante de ses ventes en fin d’exercice avec les produits festifs pour Noël (+45 % de chiffre d’affaires par rapport à un mois normal), compte bien réussir ce défi. Dans le traiteur également, les fêtes de fin d’année, mais surtout le Nouvel an chinois sont aussi des rendez-vous importants pour LDC. Mais pour tenir compte de la hausse des matières premières, "une revalorisation serait légitime", a également lancé Denis Lambert à l’adresse de la grande distribution, alors que les négociations commerciales sont en cours. Pour continuer à creuser l’écart et prendre des volumes, le groupe poursuit une politique d’investissements soutenus avec un montant sans précédent de 200 millions d’euros sur 2017/2018.

Au final sur l’ensemble de l’exercice en cours, les dirigeants anticipent un résultat opérationnel courant sensiblement équivalent en valeur à celui de 2016/2017 (176,6 millions d’euros, ndlr).