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Volailles/Stratégie LDC prend une nouvelle dimension

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Le leader français de la volaille LDC a réalisé un chiffre d’affaires de 1,949 milliard d’euros lors de son dernier exercice, en hausse de 6,4 %. Son résultat net a quant à lui baissé à 42,6 millions d’euros, cette performance s’avérant supérieure aux attentes initiales du groupe. Pour continuer sur cette lancée, LDC a plusieurs axes de développement pour son exercice 2008-2009. Il compte bénéficier de la hausse de la consommation de la volaille (+3,2 % au premier trimestre 2009), de la croissance de son pôle traiteur (notamment en produits asiatiques et en sandwiches), de ses lourds investissements (63 millions d’euros) et de ses trois acquisitions : Entracte, le polonais Tarczynski, et Arrivé, auxquelles pourrait s’ajouter Marie d’ici quelques semaines, LDC étant actuellement en discussion sur ce dossier.

LDC, numéro 1 français de la volaille, sort d’un bon exercice. Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 1,949 milliard d’euros sur ses deux pôles d’activité, la volaille et les produits traiteurs, soit une hausse de 6,4 %. Le groupe a tenu ses objectifs en 2009, avec un résultat opérationnel courant de 61,3 millions d’euros et une marge d’opérationnelle de 3,2 %, alors qu’il espérait atteindre un résultat opérationnel courant de l’ordre de 57 millions d’euros pour une marge d’environ 3 %. « Nous sommes satisfaits de nos résultats, qui sont légèrement supérieurs à nos prévisions », se réjouit Denis Lambert, président du directoire de LDC. Le résultat net est toutefois en baisse à 42,6 millions d’euros contre 53,5 millions d’euros en 2007-2008, à cause des difficultés de l’entreprise en Espagne et en Pologne et de l’impossibilité de répercuter intégralement la hausse des matières premières sur les prix de vente aux consommateurs. Le groupe a bénéficié de la hausse de ses ventes de volailles (+ 4,2 %), en GMS (+ 5 %) et en RHD (+ 4 %). En hard discount, la progression n’est par contre que de 2 %. « Le hard discount est un axe important de croissance pour LDC », explique Denis Lambert. « Ce circuit ne représente pour le moment que 9,5 % de notre chiffre d’affaires alors qu’il détient 14 % du marché de la volaille », poursuit-il. Sur l’ensemble des circuits, les volumes du groupe en volailles ont baissé au premier semestre (-4,3 %) mais se sont rétablis au deuxième semestre (+1,9 %), par rapport à la même période de l’exercice précédent.

Réussite sur les gammes de produits asiatiques et de sandwiches

Sur le marché des produits traiteurs en GMS (en hausse de 2,2 %), LDC a progressé de 4,5 % (+ 14,1 % sur l’ensemble des circuits) et y bénéficie notamment de la réussite de ses produits à marque. Le groupe a par exemple vendu 2,6 millions d’unités de sa gamme « Traditions d’Asie », soit une hausse de 32 %. Cette gamme détient 7 % en valeur du marché des produits asiatiques, soit une hausse de 44 % de ses parts de marché. Le volailler a également progressé sur le segment des sandwiches, avec une hausse de 16 % de ses ventes pour arriver à un total de 38,4 millions d’unités vendues sous marque propre et MDD. LDC est le troisième producteur national de sandwiches derrière Daunat et Sodebo.

Difficultés dans les filiales étrangères

Par ailleurs, LDC réalise pour le moment 18 % de son chiffre d’affaires à l’international et détient des implantations en Pologne et en Espagne. La situation est difficile en Pologne où le groupe a dû subir l’incendie de son usine à Torun et pâtit de pertes de change. Ce pays représente 83,4 % du chiffre d’affaires de LDC à l’international. Petit à petit, LDC reconquiert ses volumes en produits élaborés. Après une perte de 2,8 millions d’euros au premier semestre de l’exercice, le résultat opérationnel a été positif de 2 millions d’euros au second semestre. Quant au résultat opérationnel de l’activité espagnole de LDC, il s’est établi à (0,6) million d’euros, contre une perte de 1,6 million d’euros au premier semestre. « Le marché espagnol est catastrophique, extrêmement volatil », déplore André Delion, directeur financier du groupe. Le chiffre d’affaires total de LDC à l’international a baissé de 4,9 % pour s’établir à 172,3 millions d’euros. Les volumes ont quant à eux diminué de 19,4 %, à 76 346 tonnes. Malgré ces difficultés, le volailler reste très confiant pour les prochains mois.  « LDC prendra une nouvelle dimension en 2009 », annonce Denis Lambert.

Multiples acquisitions

Cette nouvelle dimension passe par plusieurs acquisitions. En début d’année, le groupe a acquis Entracte, le numéro quatre du marché français du sandwich, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros en 2008 (à 90 % en GMS) et qui s’est donc ajouté à l’autre filiale de LDC dans ce secteur, La Toque angevine (39 millions d’euros de chiffre d’affaires). Avec Entracte, LDC détient désormais 30 % du marché du sandwich. Dans la volaille, il est également en cours d’acquisition du polonais Tarczynski, qui détient deux sites de production et emploie 750 collaborateurs. Cette entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 65,6 millions d’euros l’an passé et son excédent d’exploitation s’est établi à 5 millions d’euros. Tarczynski est endetté à hauteur de 13,6 millions d’euros. La signature de l’opération est programmée pour le mois prochain, LDC attendant l’autorisation de l’autorité polonaise de la concurrence.  « Le financement de cette opération est assuré par la réallocation des indemnités d’assurance perçues suite à l’incendie de notre usine », précise Denis Lambert. La production de l’usine de Torun devrait être intégralement transférée vers les sites de Tarczynski, qui ont une capacité totale de 11 000 tonnes de produits knacks de volaille par an et de 1000 tonnes de produits cuits. « Notre objectif est que Tarczynski soit à 50 % consacré aux produits élaborés, pour favoriser sa rentabilité », note Denis Lambert. Au total, avec cette acquisition, LDC détiendra six sites de production en Pologne, pour une capacité de production totale de 45 000 tonnes de produits par an. 

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Un pôle volaille de plus de 2 milliards d’euros

L’acquisition la plus importante pour le groupe vient d’être signée. Comme annoncé Cf Agra alimentation n°2063 du 30 avril 2009, p1, LDC vient de reprendre le groupe Arrivé et n’attend plus que l’avis des autorités de la concurrence qui devrait être rendu à l’automne 2009. Arrivé a finalement, après quelques semaines de tractations, choisi LDC plutôt que Terrena. « On nous a longtemps reproché de ne pas être assez actif pour structurer le secteur de la volaille. Maintenant, nous agissons », souligne Denis Lambert. En prenant en compte Arrivé, le chiffre d’affaires du pôle volaille de LDC en 2008 atteint plus de 2 milliards d’euros, loin devant Doux (1,7 milliard d’euros), Gastronome (750 millions d’euros), Glon Volailles (271,6 M EUR) et Duc (202,7 M EUR). LDC ne pourra sans doute pas reprendre l’intégralité d’Arrivé. En effet, la coopérative Maïsadour a fait connaître sa volonté de faire jouer son droit de préemption qui lui permet de récupérer la filiale Fermiers Landais, dont elle détient 44 %. L’acquisition d’Arrivé va permettre à LDC de réaliser de nombreuses synergies. « Nous n’avons désormais plus besoin d’agrandir notre site de Sablé (72) comme c’était initialement prévu. Les usines d’Arrivé vont accueillir notre hausse de production de produits panés », se réjouit Denis Lambert.

« Acharnement » de Coop de France

Pour Jacques Arrivé, ce choix est celui de la « simplicité », puisqu’il y a un changement de génération dans la famille, qui garde par ailleurs ses fonctions dans la direction. Selon Denis Lambert, « Arrivé aura sa propre stratégie. Plus un groupe s’agrandit, plus il doit être décentralisé ». La CIAB (Coopérative interdépartementale des aviculteurs du bocage), actionnaire d’Arrivé à hauteur de 28 %, a été fortement critiquée par Coop de France lors de ce rachat. Le lobby des « coop » a déclaré notamment que « les opportunités financières de court terme l’ont emporté sur la construction de l’avenir ». Patrick Bouron, président de la CIAB, s’attriste de ces attaques : « Nous avons fait le choix du réalisme industriel. Nous sommes en totale adhésion avec ce rapprochement avec LDC. Il s’agit d’un acharnement de Coop de France à notre égard. Ses responsables semblent avoir découvert notre existence à cette occasion. Ils en ont profité pour avoir une tribune, sans aucune discussion au préalable avec nous. »

Objectif : hausse de 22 % du résultat opérationnel courant

Autre possible bouleversement chez le volailler : l’acquisition du groupe Marie, pour lequel LDC ne cache pas son intérêt, surtout pour son pôle produits frais. « Nous souhaitons détenir une marque forte dans les produits traiteurs », affirme Denis Lambert. Cette acquisition permettrait au groupe d’améliorer sa rentabilité dans ce domaine, dans lequel il travaille pour le moment à 85 % pour les MDD. Par ailleurs, LDC va continuer à moderniser son outil industriel. Le groupe prévoit en effet d’investir 63 millions d’euros en 2008-2009 (contre 57,3 millions d’euros lors de l’exercice précédent) dont 7,5 millions d’euros consacrés à l’amont, 11,2 M EUR au pôle traiteur, 6 M EUR en Pologne et 1,5 M EUR en Espagne. Le groupe est très confiant pour son exercice actuel : il table sur un résultat opérationnel courant en hausse de 22 % à 75 millions d’euros, un objectif conditionné à la stabilité du prix des matières premières. LDC vise 3 % de marge opérationnelle courante en 2012, contre moins de 0,5 % actuellement.

Outre ses acquisitions et ses investissements, LDC compte sur ses innovations pour continuer sa croissance, notamment des nouilles chinoises au poulet dans sa gamme « Traditions d’Asie », des Wraps « Bœuf Tex-Mex », et un « Italian Burger » à marque Le Gaulois. En 2008, les innovations ont participé à la réussite du groupe : LDC a vendu 1 400 tonnes, soit 4 millions d’unités, de sa gamme « Extra tendres » et 300 tonnes, soit 1 million d’unités, de ses escalopes milanaises. Cette année, le groupe espère atteindre un chiffre d’affaires total de 2,4 milliards d’euros en bénéficiant notamment de la hausse de la consommation de la volaille (+3,2 % au premier trimestre 2009).