Abonné

Volailles LDC va acquérir Arrivé

- - 8 min

LDC, numéro 1 de la volaille, est en passe d’acquérir le vendéen Arrivé, numéro quatre du secteur, et devrait ainsi détenir 30 % du marché français de la volaille. Terrena était également en lice, mais c’est finalement le projet proposé par le sarthois LDC qui a été retenu par la famille Arrivé et les autres actionnaires du groupe CIAB et Unigrains. L’acquisition, qui devrait être finalisée d’ici fin mai, va permettre à LDC de bénéficier du positionnement haut de gamme de la marque Maître Coq et de la présence forte des marques d’Arrivé en GMS. Arrivé apportera à LDC une production de 102 000 tonnes de volailles et une ouverture vers de nouveaux bassins de production en Vendée et en Auvergne. De plus, LDC va acquérir l’activité nutrition animale de Arrivé : une usine de « petfood » et deux usines de nourriture pour animaux d’élevage. LDC a également d’autres projets en cours : l’acquisition du polonais Tarczynski devrait être finalisée dans les prochains mois et le leader français de la volaille se penche sérieusement sur le dossier Marie, dont l’éventuelle acquisition lui permettrait d’avoir une marque propre très présente aux rayons surgelés des GMS.

LDC, leader français de la volaille avec 1,9 milliard d’euros de chiffre d’affaires au premier trimestre 2009, vient d’entrer dans une phase de négociation exclusive avec les actionnaires du groupe Arrivé, numéro 4 du secteur. Comme nous l’annoncions Cf Agra alimentation n°2058 du 19 mars 2009, p 19, LDC et Terrena étaient les deux principaux intéressés par la reprise d’Arrivé. « Nous avons choisi d’entrer en négociation exclusive avec LDC, car ce groupe a une envergure et une solidité financière permettant de développer ce que nous avons construit jusqu’à présent », explique Danièle Arrivé-Griffin, en charge de la communication et de la stratégie du groupe. Terrena a déclaré dans un communiqué avoir finalement renoncé à acquérir le groupe Arrivé car « les conditions n’étaient pas totalement réunies pour fédérer l’ensemble des acteurs autour d’un projet coopératif agricole ambitieux. La CIAB (coopérative interdépartementale des aviculteurs du Bocage), l’un des actionnaires, ayant préféré rejoindre le périmètre LDC ». LDC devrait finaliser d’ici fin mai l’acquisition du groupe Arrivé, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 561 millions d’euros l’année dernière et qui détient 11 sites de production.

Un choix lourd et difficile

LDC possèderait alors 100 % du capital d’Arrivé, qui était détenu jusqu’à présent à 35 % par Jacques Arrivé et sa famille (qui avait la majorité des droits de vote), à 36 % par Unigrains, à 28 % par CIAB (Coopérative interdépartementale des aviculteurs du bocage), et à 1 % par Sofipar (Société de financement et de participations pour le développement de l’agriculture). Les trois membres de la famille Arrivé devraient continuer à diriger l’entreprise. « Ce fut un choix lourd et difficile de décider de revendre la totalité de nos actions », nous confie Danièle Arrivé-Griffin. « Mais c’était le choix le plus raisonnable pour l’avenir de l’entreprise et de son personnel », poursuit-elle.

Travailler sur la différenciation des marques

« L’acquisition d’Arrivé va nous permettre de constituer un groupe au positionnement haut de gamme », se réjouit André Delion, directeur financier de LDC. Arrivé réalise 30 % de son chiffre d’affaires en produits élaborés, ce qui va donc permettre à LDC de progresser dans ce domaine. De plus, Arrivé apporte des marques fortes au portefeuille de LDC, tel que Maître Coq qui, selon André Delion, ne va pas empiéter sur la marque Le Gaulois. « Nous allons garder la marque Maître Coq. Son image est différente de celle de Le Gaulois, qui a développé un positionnement davantage haut-de-gamme, tandis que La Gaulois a l’image d’une marque plus facile à consommer », nous indique-t-il. « Nos équipes marketing devront tout de même travailler sur ces marques pour accentuer leur différenciation. Nous sommes très confiants dans ce domaine », poursuit-il. Outre Maître Coq, le portefeuille de produits d’Arrivé comporte plusieurs marques réputées : Landes St Sever, Challans, Bocage Vendéen… dont l’avenir est pour le moment incertain. Globalement, les deux groupes sont assez complémentaires : par rapport à LDC, Arrivé est davantage présent dans le poulet mais moins dans la dinde, et n’a pas d’outil de production de viande de canards. « L’addition de nos deux groupes ne nous permettra pas d’avoir de positions très majoritaires », note André Delion. LDC va tout de même bénéficier du bon positionnement d’Arrivé en GMS : numéro 1 sur le snacking avec « Coq Ailes », numéro 1 des produits désossés festifs farcis…

Ouverture vers de nouveaux bassins de production

Arrivé va également permettre à LDC d’être davantage présent au rayon surgelé. « Nous y sommes déjà un peu mais cela va vraiment s’accentuer, Arrivé étant présent, par exemple, chez Picard et Toupargel ». Globalement, Arrivé apportera à LDC une production de 102 000 tonnes de volailles. « L’outil de production d’Arrivé est en très bon état, car ce groupe a réalisé beaucoup d’investissements récemment », remarque André Delion. Effectivement, Arrivé a beaucoup investi ces dernières années pour assurer son développement : 60 millions d’euros en cinq ans pour de nouveaux procédés, la sécurité sanitaire et la modernisation de ses usines. André Delion se réjouit également de bénéficier d’une ouverture vers de nouveaux bassins de production en Vendée et en Auvergne et d’acquérir une nouvelle plateforme à Mornant, près de Lyon.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Des synergies à tous les niveaux

LDC va également acquérir l’activité nutrition animale de Arrivé : une usine de « petfood » et deux usines de nourriture pour animaux d’élevage. LDC était déjà présent dans ce domaine depuis son rapprochement avec Huttepain en 2001. « Dans ce domaine, je ne peux pour l’instant pas dire où nous atterrirons. Nous devons convenir des modalités des outils de gestion avec la CIAB », affirme André Delion, qui insiste : « La relation avec l’amont de la production est primordiale pour nous. » Globalement, aucune restructuration sociale n’est prévue sur les 11 sites d’Arrivé et ceux de LDC. « Nous allons simplement continuer la spécialisation industrielle de nos usines et les échanges de volumes entre les usines », précise-t-il. Grâce à cette acquisition, LDC pourra réaliser des synergies à tous les niveaux que ce soit dans les domaines de la production ou de la commercialisation.

Intéressé par Marie

LDC ne compte pas s’arrêter là et a d’autres projets en cours. L’acquisition de la société Tarczynski, qui possède deux sites de production de porc et de volaille de transformation, 750 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros, est toujours en cours. LDC souhaite également continuer sa stratégie d’extension de son pôle traiteur, après les acquisitions récentes d’Entracte et de DLG. Le groupe est actuellement en train de regarder le dossier Marie. « Pour le moment, 85 % des ventes de notre pôle traiteur se font en MDD. Acquérir Marie nous permettrait d’avoir une marque propre forte dans ce domaine », indique André Delion, qui nous précise que Marie est actuellement la seule cible de LDC pour son offre traiteur.

Ne pas être hégémonique

Concernant la volaille, LDC compte calmer un peu le jeu dans les prochains mois. « Nous voulons prendre notre temps et maîtriser notre croissance externe,explique André Delion. Nous n’avons pas envie de devenir hégémonique ». Avec l’acquisition d’Arrivé, LDC détiendrait 30 % du marché de la volaille en France et ne court, selon André Delion, aucun risque de devoir céder des usines comme Bigard récemment après son rachat de Socopa. La position de LDC est en tout cas moins dominante que celle de ses voisins européens. Par exemple, le leader allemand de la volaille Wiesenhof détient 45 % de son marché, le leader italien AIA 40 % et le leader espagnol Nutrico 35 %. « Nous sommes tout petit en Europe. Les grands leaders mondiaux vendent à la fois de la viande rouge et de la viande blanche. C’est une autre dimension, très différente de la nôtre. Sur ce point, notre positionnement ne changera pas », conclut le directeur financier de LDC.