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Grandes cultures Le bilan de santé de la Pac passe mal chez les céréaliers

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Un bilan mitigé de l’action du président Sarkozy est présenté par le syndicat des producteurs de grandes cultures Orama. Son président, Philippe Pinta, dresse le portrait d’un homme qui semble avoir des convictions, mais dont les actions sont dispersées. Du côté de l’Assemblée générale des producteurs de maïs (AGPM), et de son président Christophe Terrain, le bilan est à peu près le même.

Entre les discours et les actes, le monde céréalier décrit Nicolas Sarkozy de façon floue. Le manque de cohérence des décisions politiques, ainsi que les à-coups de ces politiques ont tendance à les déstabiliser. Globalement, un manque de clarté des orientations prises par le président est mis en avant.

La Pac bien défendue, mais l’action manque de clarté

Au sujet de la politique de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement pour le soutien de la Pac, Philippe Pinta, président d’Orama, déclare : « A l’évidence, le discours est fort sur la préservation de la Pac et de ses ressources, de l’agriculture européenne dans le cadre des négociations commerciales internationales, ainsi que sur la nécessité d’une régulation des marchés ». Cependant, le président d’Orama déplore le manque de clarté de la ligne politique du président. Il souligne que, « par moment, nous ne savons plus qui décide en agriculture. Et quand nous entendons dire un jour que la France a le devoir de contribuer à la sécurité alimentaire du monde, puis un autre jour que l’avenir de l’agriculture française est dans la consommation locale, nous avons du mal à discerner la cohérence d’ensemble ». De plus, Philippe Pinta explique que « si il est difficile de dire si le bilan de santé de la Pac a consolidé d’autres secteurs, il a clairement fragilisé celui des grandes cultures ». A ce sujet le président de l’AGPM, Christophe Terrain, critique « un prélèvement obligatoire sur une partie des soutiens, notamment à l’encontre des grandes cultures, faisant fi de la réalité des structures d’exploitation, de leurs résultats économiques et de leur contribution aux filières et aux équilibres territoriaux ».

Le Grenelle, un projet fort mais dont les règles sont coûteuses

« Nous sommes aujourd’hui partagés », déclare Philippe Pinta au sujet du Grenelle de l’environnement. Il indique avoir toujours cru que la démarche du Grenelle était une occasion de progresser et de démontrer ce dont les céréaliers étaient capables en matière d’environnement. « C’est dans cet esprit, notamment, que nous nous impliquons dans le processus Ecophyto 2018 », explique le président d’Orama. Cependant, il souligne : « Nous avons l’impression que la machine n’est plus maîtrisée. Toujours plus de règles irréalistes et inutiles, mais coûteuses. Des blocages incessants face à l’innovation, à l’utilisation de facteurs de production indispensables. Voici l’image que donne trop souvent aujourd’hui aux exploitants le Grenelle de l’Environnement ». Pour le président de l’AGPM, « le Grenelle de l’Environnement reste à nos yeux une tromperie intellectuelle qui a, de fait, cautionné différents arbitrages à finalité médiatique et sans prise en compte des données techniques et économiques objectives ».

Les céréaliers soutiennent la loi de modernisation mais notent des incohérences

« Sur la loi de modernisation, nous sommes en train de démontrer concrètement avec nos partenaires des filières d’aval que nous nous associons activement au processus de contractualisation », explique Philippe Pinta. En revanche, il déclare : « Nous regrettons que dans le texte adopté, le traitement de la gestion des risques ait confirmé la souscription d’une assurance-récolte comme condition d’accès à la Dotation pour aléas. Les deux outils sont utiles, mais le lien entre les deux est inutile ». L’AGPM adhère sur le fond à la loi de modernisation de l’économie, et s’investit largement dans la construction des outils qui seront proposés, tels que les contrats, indique Christophe Terrain. « Mais n’oublions pas ce qui a déjà été construit au sein de nos filières, avec nos outils économiques qui fonctionnent », souligne cependant le président de l’AGPM.
Enfin, concernant l’action de Nicolas Sarkozy, le président de l’AGPB confie que « ces dernières années n’ont clairement pas répondu à ce que nous attendions. Il reste douze mois pour démontrer, décisions à l’appui, que c’est le réalisme économique qui prévaudra ». Globalement, les douze prochains mois seront cruciaux. Les producteurs de grandes cultures demandent des mesures concrètes en matière économique, technique voire politique et commerciale dans le cadre de négociations internationales.

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