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Produits alimentaires AB Le bio, avec 1,1% du marché, sort de sa niche

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Le bio acquiert ses lettres de noblesse. Comme n’importe quel autre marché alimentaire, le chiffre d’affaires des produits estampillés AB vient d’être officiellement quantifié ! Une étude commandée par l’Agence Bio et réalisée en partenariat avec les différents offices agricoles chiffre à 1,6 milliard d’euros le marché des produits alimentaires issus de l’agriculture biologique. Des facturations qui ont suivi un rythme de croissance de l’ordre de 9,5 % par an depuis 1999, alors que l’ensemble de l’alimentaire se contentait dans le même temps d’une moyenne de +3,6 % seulement. Tout laisse présager une accélération de cette tendance. En effet, les grandes enseignes de distribution se sont mis dans l’idée de démocratiser le bio, à l’image d’Auchan qui lance une gamme bio à marque propre. Bien qu’en retard en termes d’offre, Auchan était déjà le principal distributeur de viande bio en France, une catégorie dont l’offre augmente à grande vitesse et qui semble attirer de plus en plus les consommateurs.

Représentant 1,1 % du marché alimentaire global, le bio fait figure aujourd’hui de segment à part entière et non plus de simple niche de marché réservée aux adeptes d’un mode de vie alternatif. Principal vecteur de son développement auprès du grand public, la grande distribution réalise à parts égales avec les magasins spécialisés près de 75 % des ventes de produits biologiques, soit un chiffre d’affaires de 619 millions d’euros. Si les GMS entendent bien évidemment développer leurs activités sur ce créneau porteur (voir plus loin), leur offre reste cependant centrée sur des produits peu transformés comme le lait, les œufs, le café ou la viande. «  La grande distribution suit différents axes de croissance, et les ventes de produits bio y sont très inégales et peuvent varier d’un magasin à l’autre, commente Christian Renault, chargé de cette étude chez AND International. Un effort de systématisation est donc à faire ; la diversification des gammes y est déjà en cours ».

Les circuits spécialisés tirent le marché

En revanche, de leur côté, les magasins spécialisés proposent des gammes de produits bio beaucoup plus longues, avec une position dominante dans la vente des produits d’épicerie et traiteur. Une offre qui répond en toute logique à un autre comportement d’achat. Mais en aucun cas ne fait figure de concurrente à celle disponible en GMS. «  Ces deux circuits sont en fait totalement complémentaires et leur dynamisme peut faire écho l’un à l’autre », juge Christian Renault. En l’état du marché, ce sont avant tout les commerces spécialisés, organisés en réseaux (22,9 % des ventes) ou indépendants (14,7 % des ventes) qui tirent les ventes de bio. Leur rythme de croissance dépasse celui de l’augmentation des références en GMS, et la majorité d’entre eux étendent leur activité. Il existe ainsi plusieurs marchés du bio, propres à chaque circuit de distribution, parmi lesquels figure la vente directe, qui concerne essentiellement les secteurs du vin et des fruits et légumes et totalise 285 millions d’euros de chiffre d’affaires.

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La RHF encore inexploitée

Reste un marché de taille où le bio doit faire sa place : la RHF, qui ne totalise qu’à peine 1 % des ventes de bio. La présence de produits issus de l’agriculture biologique y est donc encore très confidentielle. La structuration des filières pourrait à terme permettre de proposer une offre relativement compétitive et de lever quelque peu la barrière du prix, qui pèse plus qu’ailleurs sur ce circuit. Mais comme dans d’autres pays d’Europe, les aliments bio ne pourront s’implanter durablement dans la restauration collective que sous l’impulsion des pouvoirs publics. Et cette fois-ci, l’enjeu y est double : au-delà des perspectives de croissance, la restauration scolaire permet une démarche pédagogique, auprès des enfants, premiers prescripteurs de leurs parents…