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Bio Le bio gagne du terrain presque partout dans le monde

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Le paysage est en train de changer rapidement dans le bio en particulier en Europe où le marché explose dans la plupart des pays, avec des initiatives assez divergentes pour soutenir l’offre. C’est dans ce climat que s’est ouvert à Bruxelles le chantier de la révision de la réglementation européenne de l’agriculture biologique et celui de son insertion dans les plans de développement rural 2007-2013.

Si l’agriculture biologique et les filières de transformation bio existent sous les latitudes les plus opposées, elles ne sont quand même pas l’apanage de tous les pays : le 2e séminaire international de l’Agence Bio qui vient de se tenir au Salon de l’agriculture l’a mis en lumière. Au niveau mondial, on trouve certes du bio dans 120 Etats, totalisant plus de 30 millions d’hectares, mais c’est seulement dans une dizaine que sont concentrés les trois-quarts de ces surfaces : en tête figurent l’Australie et l’Argentine, suivies de la Chine et des Etats-Unis, bien avant les pays européens les plus significatifs. Sur un total de 30 millions d’hectares, l’Océanie reste en tête avec 11 millions d’hectares, l’Europe occupe le 2e rang, à près de 7 M ha, suivie de l’Amérique latine et, loin derrière, de l’Amérique du Nord (2,2 M ha).

Parfois de grands domaines

Chacun suit des tendances propres puisque les chiffres 2005 de l’IFOAM signalent un recul notable en Australie, pays qui garde quand même son leadership, mais où il a suffi que quelques très grandes exploitations fassent machine arrière. De même, la Chine affiche une diminution très marquée, de 1,2 M ha (mais il s’agit peut-être d’une correction de chiffres qui avaient flambé l’année d’avant).

Autre disparité : rapportées aux superficies agricoles nationales, les cultures bio restent très marginales aux USA ou en Chine (moins de 0,5 % du total), un peu moins en Australie et en Argentine (de 2 à 3%). Les pays d’Europe où les surfaces bio occupent la plus grande place dans le territoire agricole national sont l’Autriche (14,16 %), puis l’Italie (8,4 %), l’Estonie (7,2 %), la Finlande (6,5 %), le Portugal (6,3 %), la Suède (6,2 %) et la République tchèque (5,9 %).

Les différences de situations tiennent aussi à la taille des exploitations : en Australie, et plus globalement en Océanie, les domaines dédiés à l’agriculture biologique sont si vastes qu’avec moins de 1% des exploitations bio mondiales, cette région fournit près de 40 % de la production bio totale tandis que l’Asie ou l’Afrique, qui totalisent 40 % des exploitations, ne pèsent que 12 % des volumes produits. L’Europe et l’Amérique latine ont aussi des structures dispersées, pour peser l’une 23% de la production mondiale avec 30 % des exploitants bio et la seconde 19 % avec 28 %.

Rattrapage du retard américain

Si l’Europe a de l’avance sur le continent nord américain, celui-ci tend à rattraper son retard puisqu’en 2005 l’Amérique du Nord et l’Europe, où la pression de la demande se fait pareillement sentir, ont gagné chacune 500 000 ha, mais cela traduit un bond de 30% outre-Atlantique pour une poursuite de la croissance de seulement +8,5 % sur notre continent.

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Au sein de l’Europe, le premier pays producteur, l’Italie, n’est encore qu’un marché relativement moyen, comparé à l’Allemagne où la valeur de la consommation a doublé ces sept dernières années : évalué désormais à 5 milliards d’euros, le marché allemand des produits bio est le premier marché mondial et représente 2,5 % du marché alimentaire total de ce pays. La filière bio y est très structurée et commence même à bénéficier du renfort des hard discounters, ce qui fait exploser la demande et accentue l’insuffisance de l’offre.

L’Espagne affiche presque autant de surfaces que l’Allemagne (809 000 ha) et le marché espagnol talonne de près le marché allemand, surtout du fait de l’Andalousie qui y est surreprésentée.

Des marchés qui explosent

Au Royaume-Uni, où les surfaces ont décuplé en dix ans et sont maintenant de 620 000 ha, l’expansion de la demande s’est accélérée en 2005, au rythme de 30%, ce qui porte la valeur de ce marché à plus de 2,3 milliards d’euros, mais à seulement 1,3% du marché alimentaire global. En Italie, les surfaces dédiées dépassent 1 million d’hectares, mais le marché des produits bio a un poids relatif plus important, de l’ordre de 2% du marché alimentaire, soit 1,5 milliard d’euros.

Tous les pays du Nord de l’Europe sont en plein essor également : le marché danois, par exemple, a encore progressé de près de 25% en 2006, portant la part du marché des produits bio à 6,5% du marché alimentaire total, ce qui n’empêche pas ce pays d’être exportateur net de produits bio transformés.

En France, tous les indicateurs sont à la hausse, les superficies agricoles bio ont progressé de 5% en 2005 pour atteindre 560 800 ha avec 11 640 exploitants (+2 %), et le marché – qui croît en moyenne de 9,5 % par an depuis 1999 – est estimé maintenant à 1,6 milliard d’euros (1,2 % du marché global). Et les autres acteurs de la filière ont des effectifs en hausse, les préparateurs/transformateurs de 4 % et les importateurs de 6 %.