Le chiffre d’affaires sur les produits de biocontrôle de la Coopérative d’approvisionnement des maraîchers nantais (CAMN) a dépassé les 20 % pour l’exercice 2018.
Acteur majeur sur le secteur des appros du bassin maraîcher nantais, et notamment la production de mâche, la Camn a vu son chiffre d’affaires biocontrôle atteindre 21 % de l’activité protection des plantes sur l’exercice 2018. Il n’était que de 17 % durant l’exercice précédent. « À l’échelle nationale, le marché du biocontrôle ne représente que 5 % du chiffre d’affaires, avec un objectif de 15 % à l’horizon 2025 », donne comme point de repère Hervé Valette, le directeur de la coopérative. Les chiffres de la Camn reflètent une tendance plus large que le seul bassin nantais. La structure est présente de Rennes au Sud-Vendée et réalise 70 % de son chiffre d’affaires sur l’activité maraîchère. Le reste concerne l’arboriculture, la viticulture et l’horticulture. La Camn indique que 51 % de ses adhérents ont acheté au moins un produit de biocontrôle durant la campagne 2017 contre 47 % l’année précédente. La gamme proposée par la coopérative compte aujourd’hui 220 références en biocontrôle sur les 690 du catalogues, pour un chiffre d’affaires de 1,5 million d’euros.
Porté par les gammes « zéro résidu »
La Camn a identifié ce marché comme un relai de croissance sur l’activité protection des plantes. Pour appuyer ce développement, l’équipe dédiée à ces produits est passée de 1 à 4 personnes. « Les OAD vont permettre à ces solutions de prendre de plus en plus de place », analyse Charles Vinet, le président nouvellement élu de la Camn. Il estime que ce développement est aussi lié à l’émergence des marchés « zéro résidu de pesticide » et « zéro pesticide ». Si certains membres du conseil d’administration craignent une baisse du marché du biocontrôle en cas de désintérêt des consommateurs pour ces labels, Charles Vinet reste optimiste : « Maintenant l’élan est lancé chez les producteurs, ça ne va pas s’arrêter ». Dans cette tendance à la certification, le président estime que 80 % des maraîchers du bassin nantais pourraient être labellisés HVE d’ici un an. Le site du ministère n’en recense à ce jour aucun. « Il reste quelques détails à régler, et ensuite la plupart des maraîchers pourront obtenir la certification. Nous étions déjà très proches avec la certification imposée pour vendre la mâche en Angleterre et en Allemagne » analyse Charles Vinet.
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80 % des maraîchers du bassin nantais pourraient être labellisé HVE d’ici un an
Gérer les stocks de MétamSodium
Une fois la surprise de l’interdiction du Métam-sodium passée, la Camn a du gérer les stocks de MétamSodium. « Normalement, l’état nous laisse trois ans pour écouler le produit » relève un administrateur. Si la coopérative avait peu de volume, Les stocks étaient présents en grande quantité chez les adhérents. « Il a fallu discuter avec nos fournisseurs et faire preuve d’intelligence mais ils ont repris tous les stocks » se félicite Hervé Valette. En attendant la Camn encaisse l’ardoise de la RPD (redevance pour pollutions diffuses) sur les produits qu’elle a remboursés à ces adhérents, et dont elle attend le retour de l’État.