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Recherche Le blé et le colza peuvent être des puits de carbone, selon le CNRS et le Cesbio

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Certaines cultures comme le blé ou le colza, peuvent être des puits de carbone : elles soutirent du CO2 à l’atmosphère. C’est la principale conclusion d’une étude menée par une équipe conjointe du CNRS et du Centre d’études spatiales de la biosphère (Cesbio), diffusée le 15 janvier et publiée le même jour dans la revue Agricultural and Forestry Meteorology.

«Contre toute attente, certaines cultures comme le blé ou le colza peuvent être des puits de carbone : elles soutirent du CO2 à l’atmosphère. En revanche, le tournesol et le maïs ensilage sont des sources de carbone ». Ces conclusions du CNRS et du Cesbio, avec le concours de l’université de Toulouse III et du Centre national d’études spatiales (Cnes), montrent que l’amélioration de l’empreinte environnementale de l’agriculture repose sur les choix de pratiques culturales.
Les chercheurs ont voulu établir les « bilans carbone » de trois grandes cultures européennes : le blé, le maïs ensilage et le tournesol. Pour cela, ils ont choisi deux parcelles situées dans le Gers et en Haute-Garonne, et les ont dotées d’instruments permettant de mesurer des variables agronomiques et météorologiques (éclairement, température, teneur en eau du sol…), ainsi que les flux de CO2 et d’eau entre l’atmosphère et le champ cultivé.

Le maïs capte beaucoup de carbone, mais le blé en rend plus au sol

Un indice a été calculé. Il a permis de mesurer la quantité de carbone perdue ou fixée sur la parcelle par unité d’eau consommée. Cet indice comprend le flux net de CO2 ainsi que les importations de carbone par fertilisation organique et les exportations dues à la récolte. Autrement dit, cet indice détermine si une culture est un puit ou une source de carbone. Ces analyses ont été effectuées sur plusieurs années de culture, en comptant aussi les périodes de sol sans culture.
Il en ressort que d’un point de vue agronomique, la culture de maïs ensilage offre le meilleur rendement en produisant jusqu’à 1,3 gramme de carbone par litre d’eau consommé. Cette capacité du maïs ensilage à capturer le carbone de l’air est un atout surtout économique, car ce carbone est principalement exporté de la parcelle sous forme de fourrage.
En revanche, d’un point de vue environnemental, le maïs est moins performant que le blé car il restitue moins de carbone au sol, puisque la totalité de la plante maïs est valorisée. Le blé, dont le cycle est plus long, fixe davantage de carbone dans le sol : il permet de séquestrer jusqu’à un gramme de carbone par litre d’eau consommé, sous forme de tiges et de racines restant au sol.
Les chercheurs prévoient d’étudier l’impact sur ces indices de la mise en place de cultures intermédiaires (moutarde, féverole…) couvrant le sol entre deux productions. « Ces cultures piègent les ressources minérales du sol et les rendent disponibles pour les cultures suivantes. Il est vraisemblable qu’elles augmentent de surcroît la capture de CO2 », concluent les chercheurs. Ces hypothèses seront testées dans le cadre de projets européens, ICOS1 et GHG-Europe.

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