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FranceAgriMer Le blé français a plus que jamais un rôle stabilisateur sur le marché mondial

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Le blé français a plus que jamais un rôle stabilisateur sur le marché mondial, à un moment où les grands pays exportateurs anglo-saxons (États-Unis, Australie, Canada) perdent de l’influence et où des pays comme la Russie et le Kazakhstan prennent le leadership. C’est ce qu’a indiqué le 5 mars Michel Ferret, chef du service marchés et études de filières à FranceAgriMer à l’occasion d’une rencontre au Salon de l’agriculture.

À la question « le marché mondial a-t-il encore besoin des céréales françaises ? », Michel Ferret, chef du service marchés et études de filières à FranceAgriMer, a répondu le 5 mars lors d’une conférence tenue au Salon, que le blé français a plus que jamais un rôle stabilisateur. Il a indiqué lors de cette conférence, laquelle avait pour thème « Quoi de neuf sur les marchés des matières premières agricoles ? », que face à l’Australie fragilisée sur le plan climatique et à l’amoindrissement de la stratégie américaine sur le marché mondial du blé, « la France a une position centrale ». « Nous sommes la zone où la production est la plus régulière du monde », a-t-il justifié.

Moindre prépondérance des pays anglo-saxons
La libéralisation du marché mondial du blé marque un coup d’arrêt ou du moins est en perte de vitesse, a expliqué Michel Ferret. Le pouvoir exportateur des pays anglo-saxons s’amenuise tandis que des leaders, aux conceptions moins libre-échangistes, comme la Russie et le Kazakhstan, émergent. Les ténors anglo-saxons ont perdu leur influence prépondérante. D’une part les États-Unis n’ont plus de stratégie commerciale prépondérante en blé. À tel point que certains observateurs se demandent si le blé n’est pas en train de devenir une production de niche outre-Atlantique, a évoqué Michel Ferret. D’autre part, la céréaliculture australienne est depuis le début des années 2000 sous le coup de sécheresses inédites qui ont compromis les récoltes.

Une relance du commerce piloté par les États
Dans ce pays également, la logistique céréalière a perdu en importance face à celle des minerais à destination de la Chine, sous l’impulsion du géant minier anglo-australien Rio Tinto, tandis que l’office du blé, l’Australian Wheat Board, a éclaté en une multitude d’exportateurs. L’Australie a ainsi perdu des marchés.
Enfin le Canada a fait le choix d’abandonner l’essentiel de sa production céréalière pour favoriser les produits carnés et préfère exporter de la viande.
Face à cela, les leaders de l’exportation de blé sont de plus en plus russes, ukrainiens, et kazaks, avec une « remise en selle des centrales d’achat étatiques » et une relance du commerce piloté par les États (Kazakhstan-Iran pour le blé et le pétrole, Russie-Brésil pour le blé et la viande bovine, Thaïlande-Iran pour le riz et le pétrole).
Et l’UE dans tout ça ? Elle est la seule à mener encore une politique de libéralisation des échanges. Son maître mot est « respect des engagements internationaux », a cité l’expert de FranceAgriMer.

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