Abonné

Le blé français se heurte à une rude concurrence

- - 4 min

De bonne qualité cette année, le blé français subit « une concurrence exacerbée » des autres origines, a souligné le 13 septembre FranceAgriMer. 10,2 Mt sont visés à l’export vers les pays tiers, « sous réserve d’une amélioration de la compétitivité ».

« La donne sur le marché mondial va rendre difficile la valorisation de la récolte » tricolore qui est « importante en volume et de bonne qualité », a estimé Olivia Le Lamer, adjointe au chef de l’unité grains et sucre, disant « craindre une frustration sur les prix ». En cause, des productions « records » en mer Noire, notamment en Russie.

FranceAgriMer table sur 10,2 Mt de blé tendre exporté vers les pays tiers. Un chiffre « sous réserve d’une amélioration de la compétitivité » française : ce n’est « pas très élevé au regard des disponibilités », mais « élevé par rapport à la compétitivité actuelle de l’origine France », a considéré Olivia Le Lamer.

Le marché mondial évolue sous pression de la récolte russe, chiffrée par l’USDA le 12 septembre à un pic historique de 81 Mt de blé tendre. Entre 160 et 170 $/t Fob, le blé fourrager de la mer Noire se situe à un faible niveau de prix qui donne le tempo. Et la Russie dispose aussi d’une production de qualité, selon l’établissement national. Résultat, le marché s’appuie sur « une référence en protéines plus proche de 12,5 % que de 11,5 % », a indiqué Olivia Le Lamer.

Un taux de protéines élevé

De quoi contrarier les espoirs nés d’une bonne qualité de récolte dans l’Hexagone. FranceAgriMer et Arvalis ont confirmé le taux de protéines élevé du blé tendre à 12,3 %, d’après les résultats définitifs de leur enquête à l’entrée des silos. C’est nettement au-dessus des 11,5 % visés par le Plan protéines blé tendre d’Intercéales. Autre repère en 2017, 65 % des volumes collectés affichent une teneur dépassant 12 %. Arvalis formule plusieurs explications à cette bonne performance. « Les agriculteurs donnent une plus grande attention au pilotage de l’azote », selon le directeur R&D Jean-Paul Bordes. Ils sont « de plus en plus sensibles à l’importance des apports tardifs ».

Le PS (poids spécifique), à 77,2 kg/hl, est jugé globalement satisfaisant malgré une certaine hétérogénéité. 76 % des volumes collectés dépassent la barre des 76 kg/hl. Côté indice de chute de Hagberg, 85 % du blé tendre se situent au-delà de 240 s. La force boulangère est qualifiée de très bonne, 82 % des volumes collectés étant supérieurs à 170. Quant à la note totale de panification, c’est la « très bonne surprise de l’année », avec 268 en moyenne.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

concurrence
Suivi
Suivre
FranceAgriMer
Suivi
Suivre

« On a une belle marchandise à offrir au marché domestique et international », a conclu Jean-Paul Bordes. Dans une conjoncture « très tendue », « heureusement que la récolte française affiche cette qualité assez exceptionnelle », a-t-il appuyé.

La production de blé dur sort d’« une période noire »

Côté orge, FranceAgriMer envisage des exportations vers les pays tiers de 3,5 Mt, un niveau « élevé ». « L’Australie se dirige vers une production très inférieure à celle de l’an dernier, a expliqué Olivia Le Lamer. Ça laisse de la place à la concurrence, notamment française. » Les débouchés en vue restent l’Arabie saoudite, en tête des embarquements depuis les ports français avec 191 000 t au 11 septembre, et la Chine (93 000 t à la même date), y compris pour la qualité fourragère.

Pour ce qui est du bilan blé dur, l’établissement national a noté une production en nette redressement à 2,1 Mt : « On est sortis d’une période noire, avec au plus bas 1,5 Mt en 2014-2015 », d’après Olivia Le Lamer.

« Heureusement que la récolte française affiche cette qualité assez exceptionnelle »