Alors qu’une trentaine de pays doivent se retrouver à Genève à partir du 21 juillet pour tenter de donner une impulsion décisive aux négociations de l’OMC, Mariann Fischer Boel souligne la détermination de Bruxelles à faire classer le bœuf sur la liste des produits dits « sensibles ».
Lors d'une intervention le 27 juin devant l’association nationale italienne du bétail et de la viande (Assocarni), la commissaire à l’agriculture a fait valoir que pour le bœuf, comme pour plusieurs autres produits, « nous faisons en sorte d’avoir au sein des négociations de l’OMC une position équilibrée. Nous acceptons certaines concessions sur le plan de l’accès au marché mais nous voulons, en retour, que le bœuf soit classé comme un produit sensible », a indiqué Mme Fischer Boel. Elle a affirmé qu’il n’y aura pas de compromis d’ensemble sans une clause adéquate pour les produits sensibles.
Elle a, par ailleurs, minimisé l’impact des importations sur la production bovine de l’UE. « Oui, a-t-elle dit, les importations ont progressé au-delà des quotas mais néanmoins aujourd’hui elles ne représentent que 7 % du marché communautaire». Même si le cycle de Doha se conclut de manière positive, « la plupart des étals des bouchers et des supermarchés continueront à être approvisionnés par de la viande européenne ».
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Les restrictions sur le bœuf brésilien assouplies
Par ailleurs, selon la commissaire européenne, l’absence du bœuf brésilien du marché communautaire constitue un problème sur le plan de l’approvisionnement qu’il faut résoudre le plus rapidement possible. Compte tenu de manquements liés à la traçabilité, les exportations brésiliennes vers l’UE ne sont autorisées qu’à partir de 91 exploitations, ce qui cause de sérieux problèmes pour certaines entreprises européennes de transformation, a précisé en substance Mme Fischer Boel. S’il n’est pas question de transiger avec les normes sur la qualité alimentaire, Mme Fischer Boel estime néanmoins qu’il faut aider les Brésiliens à s’adapter aux standards exigés par l’UE. « L’UE a déjà dispensé des formations aux autorités brésiliennes et nous espérons que ce problème pourra être résolu à moyen terme », a déclaré Mme Fischer Boel. Un pas dans ce sens a été fait le 30 juin par les experts vétérinaires de l’UE qui ont donné leur feu vert à la levée de l’embargo sur les importations de viande bovine désossée et arrivée à maturation en provenance de certaines régions du Brésil, d’Argentine et du Paraguay. Cette décision sera officiellement adoptée par la Commission de Bruxelles en août. Les importations en provenance des Etats de Parana et de Sao Paulo au Brésil seront alors réautorisées étant donné la réinscription par l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale) en mai dernier, de ces zones dans la liste des régions indemnes de fièvre aphteuse. En ce qui concerne le Paraguay, la décision européenne fait suite à des « inspections positives ». En Argentine, la zone réouverte correspond à la « Patagonie nord B ». De son côté, la Russie a décidé, le 2 juillet, d’interdire temporairement les importations de bœuf en provenance des Etats brésiliens de Goias et du Pernambouc en raison d’une épidémie de stomatite vésiculeuse.