Abonné

Brésil Le Brésil autorise la culture et la vente d’un coton transgénique Monsanto

- - 3 min

Quelques jours après l’adoption de sa loi sur la biosécurité autorisant la culture et la commercialisation d’organismes génétiquement modifés (OGM), le Brésil a donné son feu vert le 18 mars à la culture et la vente du coton transgénique Bollgard Evento 531, résistant aux insectes, de Monsanto. La décision a été aussitôt dénoncée par le ministre de l’Environnement et les écologistes, tandis que les exportateurs placent beaucoup d’espoir dans cette production.

L’autorisation a été donnée le 18 mars par la Commission technique nationale de biosécurité (CTNBio), devenu l’autorité décisionnaire en matière d’OGM en vertu de la loi sur la biosécurité Voir N°2998 du 14/03/05. Le ministère de l’Environnement a aussitôt annoncé qu’il déposerait un recours contre cette décision, affirmant qu’elle « contredit le principe de précaution, la législation environnementale brésilienne, le protocole de Carthagène sur la Biosécurité et met en danger la protection de l’environnement du pays et la qualité de vie des générations actuelles et futures » et qu’elle a été prise « sans évaluation du risque environnemental dans les conditions brésiliennes et sur le fondement d’études scientifiques de qualité médiocre, nombre d’entre elles n’ayant pas encore été publiées ». Le ministère souligne aussi dans un communiqué que l’impact des OGM pourrait « réduire de manière drastique l’existence des insectes ». La décision a également été critiquée par Greenpeace, qui affirme que le coton transgénique représente un danger pour les espèces végétales du Cerrado, vaste savane s’étendant au centre du Brésil. L’organisation écologiste a également estimé que la CTNBio avait agi de manière « illégale et irresponsable » en prenant sa décision avant même que le président Luiz Inacio Lula da Silva ait promulgué la loi sur la biosécurité.

La CTNBio, qui dépend du ministère de la Science et de la Technologie, souligne dans un communiqué que l’autorisation de ce coton transgénique avait été adoptée « par une ample et absolue majorité » de ses membres, « après six jours d’intenses débats ». La décision est toutefois soumise à certaines conditions telles que « l’exclusion de certaines zones » pour la culture des OGM, « l’adoption de pratiques de préservation de l’environnement » et l’obligation pour Monsanto « de présenter un plan pour prévenir d’éventuels impacts négatifs de cette technologie ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

environnement
Suivi
Suivre

La position du Brésil renforcée sur le marché du coton

Le Brésil est le cinquième producteur et exportateur mondial de coton, avec un chiffre d’affaires de 1,2 milliard de dollars en 2004. Cette position devrait encore s’améliorer avec la récente victoire remportée par Brasilia auprès de l’Organisation mondiale du commerce contre les subventions versées par Washington aux producteurs de coton américains. « Au Brésil, la généralisation du coton transgénique sera irréversible. Elle nous permettra de gagner plus de marchés en dépit des subventions américaines qui nous massacrent », a déclaré le président de l’Association des producteurs de coton de Sao Paulo (APPA), Ronaldo Spirlandelli. D’après lui, le coût de production du coton transgénique est de « 20% à 25% moins cher » que le conventionnel car il réduit la quantité de fumigations nécessaires.