Les producteurs de café soluble brésilien sont « pressés » d’en découdre à l’OMC avec le système de préférence tarifaire mis en place par l’Union européenne. Ils l’accusent de protéger les fabricants européens et surtout d’empêcher le premier producteur de café au monde d’exporter des produits à plus forte valeur ajoutée.
Le premier producteur mondial de café torréfié s’apprête à relancer un différend commercial qui l’oppose depuis des dizaines d’années à l’Union européenne. Mauro Moitinho Malta, le directeur de l’ABICS (Association brésilienne du café soluble) a annoncé, le 6 janvier, son intention de s’attaquer au système de préférence à l’importation accordé par Bruxelles aux pays pauvres d’Afrique et d’Amérique centrale.
Le Brésil, qui a bénéficié du même régime d’importation que ces pays jusqu’à la fin des années 90, dénonce le droit à l’importation de 9 % perçu à l’entrée de sa production dans l’Union. Le directeur de l’ABICS reproche à l’Europe de protéger son industrie. L’UE maintient un système qui lui permet d’exporter à de meilleures conditions son café soluble, tout en faisant croire qu’elle défend les pays pauvres, accuse M. Malta.
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Valeur ajoutée
Il dénonce le fait que l’Allemagne, qui ne produit pas un grain de café représente 11 % des exportations mondiales de café soluble, alors que la part du Brésil est de 15%. « Nous ne luttons pas seulement pour le café soluble, mais pour qu’un pays producteur de matière première puisse apporter une valeur ajoutée à cette matière première en la transformant», souligne le directeur de l’ABICS. De leur côté, les fabricants européens de café soluble regroupés au sein de l’Afcasole estiment qu’accorder un contingent d’importation à tarif nul serait injuste étant donné le dumping réalisé par le Brésil pour vendre sa production. Ils se demandent comment leurs homologues brésiliens fixent des prix très compétitifs alors qu’il faut 2,5 kg de café vert pour produire un kilo de café soluble. Mais l’association n’a jamais obtenu de la Commission qu’elle n’engage une procédure à l’OMC faute de consensus au sein de l’industrie européenne du café soluble : une partie des opérateurs ayant eux-mêmes d’importants intérêts au Brésil.