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Produits laitiers Le breton Nazart maintient le cap

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La laiterie Nazart, qui transforme en 4 500 tonnes de beurre et en 3 000 tonnes de caséïnates les 90 millions de litres de lait qu’elle collecte, a tenté de se diversifier en sortant un beurre label rouge. Mais les ventes ne décollent pas vraiment.

Quand on s’intéresse aux laiteries de l’Ouest éprouvant des difficultés dans le lait, tous les chemins mènent à Nazart. Le nom de la laiterie privée de Fougères (Ille-et-Vilaine) ressort régulièrement de discussions avec des industriels pour désigner ceux ou celles qui rencontrent des difficultés dans le cadre de la réforme de la Pac. Cette réforme, rappelons-le, remplace l’abaissement des prix de soutien aux produits industriels (beurre, poudres, caséïnes…) par des aides directes au producteur, de l’ordre de 12 euros pour 1 000 litres pour 2004. Jean Nazart, co-directeur, avec sa sœur Hélène, de l’entreprise familiale fondée par leur grand-père en 1936, ne cache pas les problèmes rencontrés : « Ils ont été importants en 2002 puisqu’une trentaine de départs (retraite en particulier) n’ont pas été remplacés », explique le co-directeur.

Label rouge

La société emploie actuellement une centaine de personnes, collecte près de 90 millions de litres de lait qu’elle transforme en 4 500 tonnes de beurre et en 3 000 tonnes de caséïnates. Un couple infernal que ces produits industriels : leurs marchés respectifs ont commencé à se détériorer « en 2002 et à se déconnecter du prix d’achat du lait », explique-t-il. Si Jean Nazart souligne avoir stoppé la détérioration de son coût de production – « actuellement les prix des produits industriels se maintiennent », précise-t-il –, la société affiche des pertes que le directeur ne dévoile pas. Pas plus que son chiffre d’affaires. Nazart a bien tenté, il y a deux ans, de diversifier son offre en beurre en sortant un Label rouge, mais les ventes n’ont jamais vraiment décollé et les fabrications stagnent à hauteur de 10 % du tonnage beurre total, soit 450 tonnes.

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« Six mois trop tard »

La remise en cause, début 2004, de l’accord de prix de 1997 par les industriels est arrivée « six mois trop tard », pour Jean Nazart. Deux mois d’un bras de fer acharné ont abouti à la clause de paix du 2 mars dernier. Elle prévoit des baisses modérées du prix du litre eu égard aux premières demandes des industriels, de l’ordre de 9-10 euros/1 000 litres. Mais seulement sur le premier semestre. La laiterie Nazart, elle, applique déjà une baisse de l’ordre de 14 euros pour 1 000 litres. « Nos 430 apporteurs de lait sont compréhensifs », signale Jean Nazart. Plusieurs industriels de l’Ouest appliquent une baisse similaire, arguant du fait que leur pourcentage de produits industriels est plus important que la moyenne nationale. Alors, quel serait le prix du lait le plus proche du prix de marché ? « 20 euros pour 1 000 litres », avance Jean Nazart. Il revient ainsi aux toutes premières propositions de baisse des industriels.