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Le Brexit, source d’interrogations pour la Savel

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À quelques jours de la rupture annoncée, ou bien de son report, le Brexit est une source d’interrogations pour la filière volaille. C’est le cas à la Savel (92 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018), spécialiste des petites volailles sous label et premier producteur de pintade en France.

À quelques jours de la rupture annoncée, ou bien de son report, le Brexit est une source d’interrogations pour la filière volaille. C’est le cas à la Savel (92 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018), spécialiste des petites volailles sous label et premier producteur de pintade en France.

La Savel s’interroge sur les conséquences du Brexit qui s’annonce. Pas tant pour l’importance de ce marché pour l’entreprise, mais plutôt pour les conséquences d’une fermeture du Royaume-Uni aux volailles continentales et du report des volumes qui en résulterait. « Le Brexit risque d’avoir un très fort impact sur le marché de la volaille en redirigeant les 300 000 à 400 000 tonnes que les Britanniques importent chaque année de l’Union européenne », souligne Jean-Christophe Léon, vice-président de l’entreprise familiale. « C’est pourquoi nous sommes très attentifs en ce moment à l’environnement politique des marchés où nous exportons », poursuit le dirigeant. « Nous allons davantage nous concentrer sur le marché communautaire qui offre un cadre réglementaire homogène et une monnaie unique. » Et même si le grand export ne représente que 5 % du chiffre d’affaires de la Savel, l’entreprise est très attentive à ce qui se passe dans le monde, à l’image de Hong Kong où la situation politique a des conséquences sur les importations de volailles.

Autre source d’interrogation : les changements que l’Europe doit apporter en 2021 au cahier des charges de la volaille bio et qui pourraient se traduire par une évolution vers des exigences moins élevées sur les types de souches de volailles et la durée d’élevage.

Entreprise familiale depuis 1968

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Spécialiste des petites volailles depuis 51 ans, l’entreprise familiale fondée par les parents des actuels dirigeants, installée dans le Finistère, a pris le chemin de l’export de longue date. En 2018, ses volumes se répartissaient pour moitié à l’export, essentiellement vers l’Union européenne, et pour moitié vers la France. "Les ventes ont atteint 92 millions d’euros en 2018, en léger retrait sur un an, suite à la perte de plusieurs marchés de sous-traitance, mais devraient avoisiner les 95 millions d’euros pour le dernier exercice clos le 30 septembre", indique Jean-Christophe Léon.

Ces derniers mois, l’éleveur, abatteur et transformateur (frais et surgelés) a étoffé son catalogue de produits avec la marque Duchesse de Savel pour la pintade Label rouge, un produit qui n’existait pas auparavant dans son catalogue ; et une pintade (et un coquelet) élevée sans antibiotiques. « La démarche sans antibiotique pour la pintade est assez ancienne chez nous, car notre production était déjà quasi sans antibiotique avant de lancer ce nouveau produit », explique Jean-Christophe Léon. Des évolutions de l’offre qui correspondent aux attentes de la restauration (qui se rapproche de celle du grand public) et qui représente le principal débouché de la Savel.

La Savel investit régulièrement sur ses sites (3 sites dans le Finistère et dans le Maine-et-Loire). « Nous sommes en train de valider un plan d’investissement pour les années 2020-2021 qui concernera le froid, le traitement des eaux et les lignes de conditionnement, avec pour enjeux de produire mieux et de générer des volumes additionnels », poursuit Jean-Christophe Léon. Ces dernières années, 2 millions d’euros ont été investis dans le système d’information (2016-2018). Et fin 2015, la Savel a réalisé l’acquisition de Terre et Plume, un grossiste multi-départemental afin de compléter l’offre de volailles.