La Commission européenne doit proposer au Conseil des ministres de l’UE d’ici la fin juillet de prélever un milliard d’euros sur les crédits non utilisés de la Pac pour aider les pays en développement à faire face aux effets de la hausse des prix alimentaires. L’adoption formelle de cette proposition, qui était prévue le 8 juillet, a été reportée d’une ou deux semaines pour des questions techniques.
Le report de cette proposition, explique-t-on à Bruxelles, est dû à « des questions techniques liées à la mise en œuvre et à la mise à disposition de l’aide qui nécessitent d’être encore détaillées ». Ce report, ajoute-t-on, n’est en rien lié à d’éventuelles dissensions entre les commissaires qui sont parvenus à un consensus politique sur cette question. La commissaire à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, avait annoncé ces propositions le 3 juillet lors d’une conférence à Bruxelles sur la crise alimentaire Voir n°3161 du 07/07/2008 et le président de la Commission, José Manuel Barroso, les a confirmées le 7 juillet juste avant l’ouverture du sommet du G8 à Toyako au Japon.
Cette facilité de financement spécial accordée aux pays du tiers monde serait approvisionnée par des fonds non utilisés du budget agricole de l’UE, résultant de réduction de dépenses sur les mesures de soutien du marché dues aux prix agricoles élevés.
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Réserve de l’Allemagne, prudence de la France
La proposition couvre deux exercices budgétaires avec 750 millions d’euros prévus pour 2008 et 250 millions d’euros pour 2009. Il s’agit d’aider de manière ponctuelle les agriculteurs des pays pauvres à augmenter leur production, en leur permettant de se procurer à bon compte engrais et semences. L’augmentation récente des prix agricoles a entraîné de graves difficultés dans plusieurs pays en développement. La pauvreté s’est aggravée pour des millions de personnes et les progrès récents pour aboutir aux objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ont été mis en danger.
Il est prévu que la proposition soit adoptée par la procédure de codécision entre le Conseil et le Parlement européen. Cette adoption pourrait intervenir rapidement, dès l’automne prochain. Toutefois, la chancelière allemande, Angela Merkel, a fait ouvertement part de ses réserves à l’encontre de ce projet lors du sommet du G8, alors que, prudent, Michel Barnier, le ministre français de l’agriculture, a souligné qu’il « s’agit d’une idée neuve et importante qui mérite d’être étudiée et débattue ». Il a souligné que, malgré leur volonté d’agir, les pays membres étaient « contraints par un autre objectif : réduire notre déficit et respecter les règles communautaires liées à l’euro ». Ces propositions ne devraient pas manquer d’être critiquées par d’autres Etats membres, dans la mesure où les crédits non utilisés de la Pac retournement normalement aux budgets nationaux.