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Sucre Le Cambodge, base avancée pour des exportations thaïlandaises de sucre

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La Thaïlande investit fortement au Cambodge dans des unités de production de sucre. L’objectif est, pour, les Thaïlandais, de profiter du statut de PMA (pays les moins avancés) du Cambodge pour pouvoir réexporter vers l’Europe sous le régime de « Tout sauf les armes » qui exclut quotas et droits de douane. Une stratégie contestée par des organisations des droits de l’homme qui s’aperçoivent que bon nombre de terres appartenant à des paysans locaux sont expropriées à cette fin.

Le Cambodge était jadis un gros producteur de sucre de canne. Le pays pourrait bien le redevenir grâce aux... Thaïlandais. Depuis quelques mois, une grande unité de sucre de canne, un investissement de 90 millions de dollars, tourne sous la houlette de la société Khon Kaen Sugar Industry (KSL). L’usine sucrière, proche de la frontière avec la Thaïlande, a suscité l’émergence d’une production de canne à sucre sur près de 20 000 hectares pour des concessions accordées par l’Etat pour 90 ans. L’Etat cambodgien appuie en effet ces stratégies, avec l’objectif de réduire ses importations de sucre (300 000 tonnes) mais aussi, selon plusieurs sources concordantes, d’exporter du sucre vers l’Union européenne, sous le régime très favorable de « Tout sauf les armes » qui accorde aux PMA dont fait partie le Cambodge, un régime sans douane ni quota. Ce faisant, le Cambodge ne deviendrait finalement que la base avancée de la Thaïlande qui, elle, ne bénéficie pas de ce régime. Pour l’essentiel, le sucre produit par KSL serait acheté par le britannique Tate & Lyle. En plus de Khon Kaen Sugar Industry, d’autres groupes thaï comme Mitr Phol Sugar envisagent d’investir chez leur voisin comme ils l’ont déjà fait au Laos.

Expropriations

La stratégie des groupes sucriers thaïlandais, appuyée par le gouvernement cambodgien, est fortement contestée par des organisations des droits de l’homme en raison des expropriations de terres des paysans locaux. Le 3 septembre, le directeur de l’association « Bridges across border », David Pred, stigmatisait l’expropriation des paysans locaux réalisée pour libérer des terres destinées à la canne à sucre. Selon une autre association, « Licadho », 1 214 familles de paysans seraient en conflit avec le groupe sucrier pour des questions d’expropriation également. David Pred demande à l’Union européenne d’enquêter sur les conséquences humaines et les atteintes aux droits de l’homme suscitées par le régime préférentiel « Tout sauf les armes ». Selon lui, l’objectif humain d’un tel régime aboutirait à des conséquences exactement contraires.
La question du détournement de ce régime au profit d’exportateurs sucriers vers l’Europe n’est pas nouvelle. Fréquemment, des organisations de producteurs européens ont demandé à Bruxelles d’enquêter afin ultérieurement de se protéger, à propos de bateaux sucriers provenant de pays émergents comme le Brésil ou la Thaïlande, faisant escale dans des PMA pour revêtir, artificiellement, l’identité de ces pays au régime préférentiel.

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