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INGREDIENTS/INNOVATION Le centre technique ID'Mer renoue avec la croissance

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Incubateur de projets agroalimentaires, le centre technique ID'Mer à Lorient est parvenu à relancer son activité de recherche et développement grâce à l'impulsion de son président Jean-Pierre Rivery.

Sorti du redressement judiciaire en 2012, le centre technique de recherche et développement autour des produits de la mer situé à Lorient, ID'Mer, a depuis multiplié par deux son chiffre d'affaires, pour parvenir à 1,8 M€. L'équipe d'ingénieurs et de techniciens a même été complétée de six nouveaux collaborateurs, et compte aujourd'hui vingt et un salariés. La nouvelle équipe dirigeante, recrutée par Jean-Pierre Rivery, au début de son mandat en 2012, a ainsi remis sur rail un outil au service de l'industrie agroalimentaire. En effet, TPE, PME et grandes industries font appel au centre technique pour développer et tester de nouveaux projets. « Nous mettons à disposition nos moyens techniques et humains de recherche et développement pour aider les entreprises à identifier des nouveaux modes de développement, de production ou de valorisation de leurs produits », explique Cédric Breton, le directeur. Les métiers du pôle recherche et développement scientifique et technique s'articulent autour des produits de la mer et des animaux, des végétaux, des macro-algues et des biotechnologies liées à la valorisation des coproduits ou aux ingrédients dédiés aux compléments alimentaires. À l'année, une centaine de projets sont traités dans les 2 300 m2 de cuisine laboratoire et d'atelier pilote où se montent et démontent les lignes de production.

TRANSFERT INDUSTRIEL VERS UNE CONSERVERIE

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« Le nouveau métier, que l'on développe aujourd'hui, c'est le transfert industriel », indique Cédric Breton. « Une fois la preuve de faisabilité donnée, nous passons le témoin à des industriels que le seuil d'acceptabilité intéresse. » C'est le cas du projet Apak qui a franchi la barre des 100 000 unités de soupes et tartinables à base de poissons produits. L'armateur lorientais Apak a créé sa petite conserverie artisanale (CAK) ainsi que deux emplois à la fabrication et la commercialisation de sa gamme de produits premium. « La problématique était claire : l'armateur ne vendait plus assez bien le thon qu'il pêchait alors il avait besoin de le valoriser », raconte Cédric Breton. Les recettes testées et approuvées dans la cuisine à bord du bateau se sont déclinées à d'autres espèces de poissons : sardines, merlu, bar, daurade. Et les bocaux ont commencé à se produire dans l'atelier d'ID'Mer. « Leur projet initial était local : pêcher, fi leter, transformer et vendre à Lorient dans les Comptoirs de la Mer. Mais le succès est tel qu'aujourd'hui les quinze références sont vendues dans plus d'une soixantaine d'épiceries fines au niveau national ». Le potentiel commercial amène la conserverie CAK à chercher un nouvel outil de production. ID'Mer qui a perçu 100 000 € de revenus grâce à ce projet en trois ans, s'apprête désormais à trans-férer la méthode de production à la conserverie Jean Burel de Concarneau. Partenaire également de la nouvelle conserverie de légumes bretonne Monsieur Appert (lire Agra Alimentation du 4 février 2016) pour qui ID'Mer a développé les recettes à l'échelle de la pré-série, le centre technique accompagne aujourd'hui de nouveaux clients, notamment à l'international. « Nous travaillons avec le Maroc, le Pérou et sommes en discussion avec des entreprises du Brésil. Là où se trouve la matière première poissons ». Si l'international ne représente que 10 % du chiffre d'affaires, l'objectif est également d'accompagner les entreprises françaises à l'export pour les aider à mieux valoriser les produits de la pêche.