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Le champagne aux prises avec une nouvelle législation russe

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Une nouvelle loi russe signée le 2 juillet par le président Vladimir Poutine oblige les distributeurs de marques de champagne à inscrire sur la contre-étiquette, placée au dos de la bouteille, la mention « vin mousseux ».

Une nouvelle loi russe oblige les vins de Champagne à renoncer au terme « Shampanskoe », traduction du nom « Champagne » en russe, et à se présenter sous le terme « vins mousseux » en caractères cyrilliques sur la contre-étiquette, indique l’interprofession du vignoble champenois, le Comité Champagne, dans un communiqué diffusé le 5 juillet. En outre, cette loi prévoit que les producteurs russes, eux, pourront utiliser le terme de Shampanskoe : « Seuls les vins effervescents russes auront désormais le droit d’utiliser » ce nom. Cependant, les vins de Champagne « conservent le droit exclusif d’utiliser le nom “Champagne” en caractères latins sur l’étiquette principale », selon le communiqué.

L’interprofession regrette que cette réglementation « n’assure pas aux consommateurs russes une information claire et transparente sur l’origine et les caractéristiques des vins » et que la nouvelle loi « remette en cause plus de vingt ans de discussions bilatérales entre la France et la Russie sur la protection des appellations d’origine ». Le Comité Champagne se dit « déterminé à poursuivre les discussions avec les autorités russes pour obtenir le droit exclusif à l’usage du nom Champagne sur le territoire russe ». Mais le dossier n’est pas simple à plaider, parce que l’appellation « n’est pas protégée en Russie comme elle l’est dans plus de 120 pays, et du coup la Russie ne viole pas un accord », explique Gaelle Goroff, directrice de la protection et de la valorisation de l’appellation au comité interprofessionnel.

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Mesure « protectionniste », pour Le Drian

En obligeant les vins effervescents non russes à se présenter sous le terme de « vins mousseux », y compris le champagne, la nouvelle loi, est de nature « protectionniste », l’a qualifiée le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à l’Assemblée le 6 juillet. « Cette loi s’inscrit dans une logique de mesures protectionnistes de la part de la Russie dans le secteur vitivinicole depuis un certain temps. Nous avons déjà été amenés à porter cette question à l’OMC sur la remise en cause des indications géographiques », a-t-il répondu à une question au gouvernement posée par la députée Aina Kuric (Marne, Agir ensemble). « Si d’aventure nous constations une violation des règles de l’OMC, nous poursuivrions (nos démarches, NDLR), comme nous avons envisagé de le faire antérieurement à l’égard de la Russie », a-t-il précisé.

Ce dossier « est un combat champenois, mais aussi un combat français, voire universel, dans la mesure où le champagne est inscrit au patrimoine mondial », estime Gaelle Goroff.

Les producteurs russes, eux, pourront utiliser le terme « Shampanskoe »