Sous le titre « Veut-on sauver la filière ? », le Cidef (Centre interprofessionnel de la dinde française) rappelle, dans son dernier bulletin (Interdinde) que la filière dinde « a perdu en deux ans 4 700 emplois », avec des effectifs ramenés aujourd’hui à 30 000 personnes.
Les volumes en équivalent carcasse ont chuté depuis le début 2002 de 750 000 tonnes à près de 620 000 tonnes, précise le délégué général du Cidef, Gilles Le Pottier. 600 élevages ont fermé ; il n’en reste plus que 3 000 pour approvisionner les usines.
De janvier à avril 2005, les industriels ont placé chaque semaine dans les élevages en moyenne 1 527 000 dindonneaux d’un jour. Cela correspond à une baisse de 20 % sur un an. La filière n’a donc pas fini de boire la tasse.
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Coûts en hausse
Les importations de viande brésiliennes en Europe, en hausse continue depuis le début 2002, expliquent bien des choses. « La France exportait 45 % de sa production jusqu’à cette date, les volumes ne représentent plus que 25 % », souligne Gilles Le Pottier. Et le recul se poursuit : — 50 % sur janvier et février 2005, selon Interdinde.
Mais la faiblesse de la consommation sur le marché intérieur pénalise aussi la filière. Le Cidef rappelle que le coût de production de la dinde française a augmenté de 15 % environ après l’arrêt de l’utilisation des farines et graisses animales, et l’interdiction de l’additif « Nifursol » dans les élevages. L’opération de promotion de la viande de dinde, lancée lundi 9 mai jusqu’au début juin par toute la filière à destination des familles (découpe de dindes), ne suffira pas forcément à limiter l’érosion. Le Cidef demande que la réglementation soit adaptée « aux impératifs de la production », et réclame « des aides […] pour dynamiser et relancer la compétitivité du secteur ».