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Enseignement agricole Le Cneap demande un moratoire sur les suppressions de postes

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Le Conseil national de l’enseignement agricole privé a fait part de ses difficultés dans un contexte de sous-effectifs d’enseignants et a demandé au ministre de l’Agriculture la mise en place d’un moratoire sur les suppressions de postes, le 21 septembre à Magnanville (Yvelines). Il a également demandé une règle du jeu commune à tous les établissements dans la rénovation des filières dites des « services ».

«Nous ne pouvons plus réduire les emplois dans les établissements du Cneap. Largement sous-dotés, nos établissements ont déjà contribué plus que de raison à l’effort de redressement des finances publiques », a déclaré le 21 septembre François Paliard, président du Conseil national de l’enseignement agricole privé, en accueillant Bruno Le Maire en visite au Lycée agricole de Sully à Magnanville (Yvelines).
« La demande de moratoire concernant la rentrée 2011 est plus que jamais d’actualité », a poursuivi François Paliard. Il manquerait actuellement près de 600 postes au Cneap au regard des effectifs d’élèves, 39 postes ont été supprimés sur l’année en cours. Les établissements puisent dans leur budget de fonctionnement pour financer des heures de cours non assurés par le ministère. Selon le président du Cneap, le nombre d’enseignants est actuellement « insuffisant pour permettre de respecter à la fois les programmes scolaires et les obligations de services (…) définis par la réglementation ».
Le ministre n’a pris aucun engagement sur un gel des suppressions de postes d’enseignants, contrairement à ce qu’il a fait précédemment vis-à-vis de l’enseignement public. Il est cependant venu avec une bonne nouvelle : la dotation qui sera versée l’an prochain à l’enseignement privé sera réévaluée selon le protocole signé par son prédécesseur, Michel Barnier. Cette réévaluation est d’ores et déjà inscrite dans le budget 2011. Le ministre s’est également engagé à ouvrir des discussions pour trouver une solution au remplacement des enseignants, ce remplacement n’est assuré aujourd’hui qu’après 90 jours d’absence.

Carte des formations : la filière « service » défend sa place
L’autre sujet évoqué par l’enseignement privé catholique était la rénovation de la voie professionnelle qui se poursuit dans l’enseignement agricole et concerne à présent la filière des services. Jusqu’à maintenant, les baccalauréats professionnels « service aux personnes » et « service en milieu rural » se préparent en 4 ans : deux ans de formation avant l’obtention du Brevet d’aptitude professionnel agricole (BEPA) et deux ans entre le BEPA et le Bac. Bientôt ces bacs, à l’instar des autres, se prépareront en trois ans. Une rénovation des formations qui y mènent est en cours. Le secteur de l’enseignement agricole craint qu’elle soit l’occasion, par souci d’homogénéisation et d’économie, de faire absorber les formations relevant du ministère de l’Agriculture par celles, plus ou moins approchantes, sous tutelle de l’Education nationale. Les établissements de l’enseignement agricole perdraient alors une part importante de leurs effectifs. Au Cneap, par exemple, 50% des élèves, étudient dans les filières dites des « services ».
« La rénovation de la voie professionnelle va conduire à une modification en profondeur de la carte des formations et à une remise en cause des équilibres entre les filières dépendantes du ministère de l’Education nationale et celles sous tutelle de votre ministère », a annoncé François Paliard au ministre de l’Agriculture. Il a ensuite demandé une règle du jeu commune à tous les établissements pour une rénovation équitable. « Nous sommes conscients que la démarche ne sera efficace que traitée régionalement mais une règle nationale doit permettre l’équité et la transparence dans les critères retenus », a t-il poursuivi.

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