Lors de son assemblée générale qui s’est tenue le 16 décembre, le Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT) a lancé un appel aux grandes surfaces, leur demandant de cesser les promotions systématiques, car elles ont pour effet de dévaloriser la qualité, le revenu des producteurs et de ternir l’image du produit.
Le Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT), qui est l’interprofession de la pomme de terre sur le marché du frais, a lancé un appel aux grandes surfaces, pour qu’elles « mettent fin aux promotions systématiques ». Les ventes de pommes de terre se font de plus en plus à travers les promotions. Le consommateur finit par y perdre ses repères et l’image du produit est dégradée. « La colère monte dans la filière », a indiqué Benoist Leforestier, président du CNIPT, lors de l’assemblée générale du 16 décembre.
« Nous ne pouvons plus accepter ces vastes braderies répétitives, et nous demandons instamment aux distributeurs de mettre fin à ce type d’opérations », a-t-il déclaré.
Au détriment de la qualité
À 70 centimes le kilo en moyenne en France au détail, « on ne peut pas dire que la pomme de terre soit un aliment cher. Pourtant, pour les distributeurs, cela n’est pas encore suffisant ».
Nombre d’opérations au prix toujours plus bas « fleurissent, souvent au détriment de la qualité », a déploré Benoist Leforestier. « Ces opérations engendrent des pertes à tous les stades de la filière », a-t-il dénoncé. Une situation d’autant moins bien ressentie par les professionnels que « les coûts de production et de conditionnement ne cessent d’augmenter ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Cette dévalorisation des prix va contre le travail de longue haleine mené par le CNIPT pour améliorer l’image de la pomme de terre. Une image « trop liée à la paupérisation » et à la routine, selon Danielle Rapoport, directrice du cabinet DRC (Danielle Rapoport Conseil). Féculent, donc sucre lent comme les pâtes, le tubercule n’a pas réussi à séduire autant, parce qu’il n’est pas assez « marketé ». Les fabricants de pâtes ont su valoriser les avantages des sucres lents auprès des sportifs.
La pomme de terre a pourtant un potentiel d’image d’alimentation-plaisir : elle fait partie des « petits bonheurs accessibles » par sa douceur, son fondant, sa chaleur, a ajouté Danielle Rapoport. Le travail de l’image du produit occupera les prochains mois du CNIPT, a indiqué Benoist Leforestier. Les professionnels n’ont pas encore tranché sur le principal positionnement à lui donner : celui d’un aliment bon marché et accessible ou celui d’un produit-plaisir.
Concernant l’amélioration de la qualité, autre priorité du CNIPT, la filière mène désormais ses recherches au sein de l’institut technique Arvalis. Mais sur ce point comme sur celui des prix au détail, l’aspect distribution est déterminant : 80% des problèmes de qualité de la pomme de terre surviennent au stade de la distribution, a déclaré Aymard de Montigny, responsable de la qualité au CNIPT, lors de l’apéritif organisée en l’honneur de son départ à la retraite. Ce chiffre de 80 %, cité par Aymard de Montigny, est issu des contrôles opérés par le CNIPT.