Le coefficient multiplicateur est prêt à être utilisé pour les fruits et légumes. Le décret le rendant opérationnel est paru au Journal officiel du 9 juillet. Il reste maintenant au ministre de l’Agriculture à prendre la décision de l’activer.
Le coefficient multiplicateur, mécanisme qui permet d’éviter que les prix restent élevés à l’étal quand ils plongent au stade de la production, est prêt à être utilisé pour les fruits et légumes. Le décret n° 2005-769 du 8 juillet 2005 institue la mise en oeuvre d’un mécanisme de coefficient multiplicateur entre l’achat et la vente de fruits et légumes. « Le prix de vente maximal sur le marché national d’un produit par un revendeur est calculé en affectant au prix d’achat de ce produit le coefficient multiplicateur prévu par cet article », indique le décret. Il précise que « ce coefficient multiplicateur peut varier selon les produits et le stade de commercialisation du produit».
Les OPA seront consultées
Le principe est l’instauration d’un coefficient multiplicateur maximal entre le prix d’achat et le prix de vente des fruits et légumes périssables en cas de situation de crise avérée. Des arrêtés spécifiques par produit, sur la base d’un arrêté-type également paru au JO le 9 juillet, établiront, au cas par cas, le coefficient appliqué à chaque stade de commercialisation, sur la base des réalités économiques constatées et après consultation des organisations professionnelles agricoles (FNPFruits, FNPLégumes), explique le ministère de l’Agriculture. Ainsi, quand le ministre décidera d’appliquer le coefficient multiplicateur pour un produit, il consultera les organisations professionnelles, qui ont déjà leur idée de coefficient multiplicateur pour chaque produit et chaque variété. « Dès qu’un produit aura été déclaré officiellement en crise, comme ce fut le cas de l’abricot et de la fraise début juillet, des arrêtés administratifs (sur la base d’un arrêté type paru au JO du 9 juillet) seront établis pour fixer au cas par cas le coefficient multiplicateur», précise Jeunes Agriculteurs.
« L’outil doit être réactif »
« L’outil doit être réactif », a déclaré Jérôme Volle, administrateur national de Jeunes Agriculteurs. « Le ministre décide le matin de l’appliquer, il consulte les organisations pendant la journée, et le soir il est applicable », tel est le fonctionnement normal de la mécanique, considère-t-il.
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Deux parlementaires du Lot-et-Garonne, l’un sénateur, Daniel Soulage, et l’autre député, Jean Dionis du Séjour, «saluent la volonté du gouvernement de mettre en place un dispositif souple et différencié selon les produits». En effet, le mécanisme du coefficient multiplicateur n’a pas pour vocation de fixer les prix du marché, mais d’être un outil de lutte contre les crises récurrentes de la filière, expliquent-ils. Les deux parlementaires souhaitent que les professionnels participent activement à la concertation. « L’outil est désormais opérationnel, il reste à apprendre à l’utiliser quand il est nécessaire et surtout, avant que la crise n’ait lourdement compromis la saison !», espèrent-t-ils.
Le coefficient multiplicateur est décrit par les professionnels des fruits et légumes comme l’arme du dernier recours. Il peut avoir des effets pervers, surtout s’il dure. En effet, avec la mise en œuvre du coefficient multiplicateur, la baisse des prix joue pleinement : un effondrement des prix à la production est répercuté de plein fouet au stade du consommateur. Du coup, des phénomènes de substitution peuvent se produire. Par exemple un effondrement des prix de la fraise au stade du rayon peut faire que les consommateurs n’achètent plus de cerises. Les professionnels sont conscients que la crise peut se propager à d’autres produits.
Cet arsenal qu’est le coefficient multiplicateur est destiné à être mis en branle en période de crise. Il doit rester dissuasif.