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Social Le compte pénibilité démarre le 1er janvier

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64 % des salariés agricoles subissent des contraintes physiques au travail selon une enquête gouvernementale. Un chiffre important à l'heure où le compte pénibilité doit partiellement se mettre en place, y compris chez les agriculteurs.

A partir du 1er janvier, les exploitants agricoles devront évaluer le degré de pénibilité pour leur salarié. L'annonce a provoqué des réactions hostiles chez les agriculteurs et en particulier les maraîchers et arboriculteurs, particulièrement concernés par les mesures de pénibilité. En effet, comment évaluer la pénibilité du travail dans des serres où les températures sont souvent élevées ? Comment évaluer un geste répétitif pendant la cueillette ?

Travail pénible pour les salariés agricoles

Une récente enquête du ministère du travail (Dares), publiée le 24 décembre, assure pourtant que les contraintes physiques dans le travail concernent tout particulièrement les salariés de l'agriculture. 64 % des salariés agricoles déclarent subir au moins trois contraintes physiques intenses. A savoir : rester longtemps debout, rester longtemps dans une posture pénible, porter ou déplacer des charges lourdes, effectuer des mouvements douloureux ou fatiguant. 30% des personnes interrogées disent également être exposées à un bruit intense et 58 % indiquent « respirer des fumées et des poussières ». À noter que « le contact avec des produits dangereux » est souvent mentionné pour 52 % d'entre eux. De plus, 61 % des salariés de l'agriculture sont concernés par les horaires atypiques et notamment le travail le dimanche pour 40 %.

Les facteurs de pénibilité

Concernant les horaires, dès le 1er janvier de cette année, ils seront considérés comme un facteur de pénibilité. Le travail de nuit, le travail répétitif ou en horaire alternant ainsi que le travail en milieu hyperbare sont les quatre mesures mises en place rapidement.

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Les six autres facteurs de pénibilité, qui concernent davantage le milieu agricole, arriveront un an après, au 1er janvier 2016. Les postures pénibles, les manutentions manuelles de charges, les agents chimiques, les vibrations mécaniques, les températures extrêmes ainsi que le bruit seront considérés comme « pénibles ».

Le principe de fonctionnement

Plus le salarié aura des points de pénibilité, plus il pourra partir tôt à la retraite, accéder à un temps partiel en fin de carrière ou encore se former pour un emploi moins pénible.

Au quotidien, ça sera à l'employeur d'évaluer le degré de pénibilité selon certains critères (voir AgraPresse du 8 décembre 2014). La Mutualité sociale agricole pourra contrôler les déclarations. L'Assurance retraite (Cnav, Carsat) gérera les comptes personnels de pénibilité. Elle informera les salariés agricoles sur les points dont ils disposent et sur leurs utilisations possibles.