Le Comptoir de Mathilde (19 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2016) vient d’acquérir un site de 12,5 ha dans le Vaucluse où il compte transférer la quasi-totalité de ses activités de fabrication et logistique dès le début 2018. Parallèlement, le spécialiste d’épicerie fine ne cesse d’ouvrir de nouvelles boutiques à son enseigne, qui assurent désormais plus de la moitié de ses ventes.
Le Comptoir de Mathilde, spécialiste de la fabrication et de la distribution d’épicerie fine installé à Tulette, dans le sud de la Drôme, va déplacer la majeure partie de son activité à Camaret-sur-Aygues dans le Vaucluse. Pour faire face à une croissance de 30 % par an, l’entreprise fondée et dirigée par Richard Fournier, à l’étroit dans ses 6 900 m2, vient d’acquérir sur fonds propres 24 000 m2 d’entrepôts sur 12,5 ha, 15 km plus au sud. Ces locaux logistiques étaient vides depuis le dépôt de bilan en 2014 du chinois Chalkis qui exploitait le Cabanon, installations reprises alors pour partie par un groupe portugais (voir Agra Alimentation 2441 du 11 octobre 2017).
« Au premier semestre 2018, nous allons procéder à une première phase d’installation de l’ensemble de nos activités logistiques sur ce site, explique Luc Moulin, directeur général délégué. Au premier trimestre 2019, nous déplacerons l’essentiel de nos fabrications. Nous ne garderons sur Tulette, où nous n’avions pas de solutions foncières d’agrandissement, un atelier de R & D d’épicerie salée ». Le Comptoir de Mathilde, qui emploie 70 personnes aujourd’hui, 110 à la fin de l’année, compte poursuivre l’accroissement de ses effectifs au même rythme de 15 CDI par an. L’investissement dans le nouvel outil s’élèvera à terme à 5 millions d'euros.
100 % de produits propres
L’entreprise de la Drôme provençale se développe sur deux piliers, la fabrication et le retail. Depuis sa création en 2007, ses ateliers fabriquent tous ses produits. Des chocolats, sauf les ganaches et pralinés, des pâtes à tartiner haut de gamme à forte teneur en noisettes, des apéritifs et liqueurs, des biscuits et des babas, ainsi que des produits salés, moutardes, huiles, vinaigres. Soit près de 600 références.
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Le succès des boutiques
Pour la diffusion, le Comptoir de Mathilde s’appuie sur 2 200 revendeurs, essentiellement situés en France, des boutiques d’épicerie fine ainsi que des majors comme les Galeries Lafayette. Dès sa création, l’entreprise a ouvert son magasin d’usine sur une route touristique. Suite au succès de cette boutique, la société essaime et compte, à ce jour, 62 boutiques à son enseigne (contre 16 points de vente en 2015). Elle exploite en propre celles du quart sud-est de la France. Les autres font l’objet de contrats de franchise sans réelle démarche commerciale. Le Comptoir de Mathilde étudie les sollicitations de commerçants qui ont déjà pignon sur rue à la recherche d’une diversification. À l’étranger, l’enseigne a planté son drapeau à Bruges, Bruxelles, Trieste et Barcelone.
Chaque boutique adopte le même concept : un environnement vintage réalisé par un artisan peintre, une grande ouverture sur la rue avec une façade vitrée qui s’ouvre en accordéon et un mobilier exclusivement issu de meubles de récupération dans le monde agricole. L’équipe du siège s’occupe du sourcing du mobilier. La théâtralisation des espaces de vente participe au succès de la formule.
À fin septembre, le Comptoir de Mathilde aura réalisé 19 millions d'euros de chiffre d’affaires contre 14 millions d'euros sur l’année 2016 (6 millions d'euros en 2013). L’activité réalisée dans les magasins à l’enseigne dépasse désormais largement celle effectuée chez les revendeurs indépendants.