C’est un accueil très favorable que les ministres de l’Agriculture ont réservé le 30 septembre à Bruxelles à la proposition de la Commission européenne visant à permettre le cofinancement de programmes de distribution de fruits et légumes dans les écoles dès la rentrée scolaire prochaine. L’approche pédagogique et nutritionnelle de cette mesure a été très largement saluée. Un accord politique est attendu en octobre.
D’entrée de jeu un grand nombre de ministres ont abordé les questions liées au financement de ce programme dont le but est de contribuer à combattre l’épidémie d’obésité qui touche de plus en plus de jeunes Européens. Une majorité d’entre eux ont estimé que, compte tenu des coûts administratifs et des frais de transport, l’enveloppe proposée (un cofinancement à hauteur de 90 millions d’euros) manquait d’ambition. Outre des actions de distribution de fruits, les Etats membres devront mener des actions pédagogiques pour expliquer aux enfants l’importance d’une alimentation saine pour rester en bonne santé. Le Danemark a estimé que l’idéal serait de pouvoir financer un fruit par jour pour chaque enfant.
Seuls trois Etats membres ont fait part de leur peu d’intérêt pour le lancement d’une telle action à l’échelle européenne. Il s’agit du Royaume-Uni, de la Suède et de la République tchèque. Les Pays-Bas, de leur côté, ont estimé que le budget proposé était suffisant.
Par ailleurs, la grande majorité des pays ont estimé que le système devait être le plus simple et le plus flexible possible, notamment en ce qui concerne le choix des populations ciblées (âge des enfants) ou des produits éligibles ( produits frais, transformés). Plusieurs pays ont demandé que ces points puissent être réglés à l’échelon régional ou local.
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Les discussions ont également porté sur l’origine des produits concernés par le dispositif. Un grand nombre de pays veulent privilégier les produits d’origine communautaire, à l’instar de ce qui est en place pour le régime de distribution de lait dans les écoles. Mais le Royaume-Uni et la Suède ont fait valoir que le régime devait être compatible avec les les règles de l’OMC. De plus, quelques pays, ainsi que Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture, ont signalé qu’il fallait tenir compte de la disponibilité saisonnière ou géographique de certains fruits.
Enfin, des avis plus partagés ont été émis sur la possibilité de poursuivre les programmes nationaux de distribution dans les établissements scolaires initiés avant l’entrée en application du nouveau règlement. Cette question fera prochainement l’objet d’un rapport de la Commission européenne.