Attendu par les uns, redouté par les autres, le contrat socle ne fait pas l’unanimité chez les agriculteurs. Trop tardif, peu solidaire, preuve du désengagement de l’État : avant même sa mise en œuvre, le contrat socle est critiqué.
Attendu depuis plus de deux ans par les agriculteurs de la FNSEA, le contrat socle est accueilli tièdement par le syndicat majoritaire. « C’était une ambition collective de longue date destinée à aider chaque agriculteur à pouvoir accéder à l’assurance », explique Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA. Le travail s’est avéré « long et compliqué, car on touche à toutes les productions ! ». Si la FNSEA applaudit sur le principe, quelques modalités la chiffonnent un peu. « Sur l’assurance des prairies, on aurait préféré une franchise à 20 % ». Les assureurs étaient d’accord, témoigne Joël Limouzin, mais l’État aurait poussé pour un taux à 25 %. Dans l’ensemble, la FNSEA est satisfaite, surtout parce que l’attente devenait longue. « Il y aura sans doute quelques imperfections dans la mise en œuvre de l’assurance des prairies », explique Joël Limouzin, « mais on devait être dans le timing de la Pac ». La FNSEA tenait en effet, comme le ministère, à lancer le contrat socle au plus vite. Car « on a besoin d’avoir un premier retour d’expérience pour pouvoir orienter la Pac de 2020 », estime Joël Limouzin.
Des oppositions
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Les réactions sont plus mitigées chez les syndicats minoritaires. À la Confédération Paysanne, on déplore un dispositif « mutuel mais pas solidaire ». Josian Palach, secrétaire général à la Confédération Paysanne, en charge de la question des aléas climatiques et sanitaires, dénonce des taux de cotisation trop différents en fonction des cultures et des régions. Pour lui, il n’y a pas de doute : « Le contrat socle a été fait uniquement pour les grandes cultures ». Pour la Confédération paysanne, il faudrait « une assurance climatique obligatoire, un peu comme notre assurance maladie ». C’est dans cette solution que résiderait véritablement un système de mutualisation solidaire.
À la Coordination rurale, le ton est plus expéditif : « Nous n’avons jamais été favorables à l’assurance récolte, car c’est la preuve que l’État se désengage », explique Jean-Louis Fenart, représentant CR au CNGRA. Il voit dans le contrat socle, des contrats au rabais et estime que « l’assurance des prairies va faire un flop ».