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Le Copa-Cogeca s’oppose en l’état à l’accord UE-Mercosur

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Dans le cadre d’une conférence de presse tenue le 12 septembre, le comité des organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), par la voix de son président Joachim Rukwied, s’est inquiété à la fois des risques inhérents à l’accord conclu entre l’UE et les pays du Mercosur du risque de réduction des crédits budgétaires de la Pac.

« Nous ne rejetons pas l’accord UE/Mercosur, mais comprenez bien que nous ne pouvons soutenir ce type d’accord commercial en l’état », a expliqué Joachim Rukwied, président des organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) à l’occasion d’une conférence de presse organisée le 12 septembre. Ajoutant qu'« un tel accord pourrait créer des dégâts dans certains marchés européens, notamment la viande bovine ou le sucre dédié à la proeuction d’éthanol ». Il a rappelé que cet accord comportait de nombreux risques notamment via la mise en place d’une politique commerciale à double standard qui agrandirait le fossé entre les exigences sanitaires et environnementales imposées par les deux parties. « Par exemple, le Brésil dispose d’outils différents de ceux utilisés par les agriculteurs européens, notamment 150 pesticides qui sont bannis au niveau de l’UE. Et c’est sans parler des normes sociales en Amérique du sud ». Le président du Copa-Cogeca souhaite prochainement discuter de cet accord commercial avec Phil Hogan, commissaire désigné au Commerce, afin de trouver un terrain d’entente, indispensable pour protéger efficacement le secteur agricole de l’UE.

Refus du plafonnement des aides et des réductions budgétaires

Concernant les négociations sur la politique agricole commune post-2020, Joachim Rukwied s’est déclaré fermement opposé au plafonnement des aides pour les grandes exploitations. Toutefois, Pekka Pesonen, secrétaire général du Copa-Cogeca, a souhaité apporter quelques nuances en soulignant que les organisations et coopératives agricoles de l’UE acceptaient un plafonnement des aides facultatif, pour les États membres qui souhaitent mettre en place ledit mécanisme. Enfin, Joachim Rukwied s’est de nouveau opposé aux réductions de crédits agricoles proposées par la Commission, s’inscrivant dans le cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE pour 2021-2027. Il souhaite « un budget ambitieux pour la Pac, autour de 1,2-1,25 % du revenu national brut de l’UE » (1). Alors que la Commission a proposé un total de 1,14 % du RNB.

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(1) Voir même numéro

Vienne va refuser de signer l’accord commercial UE-Mercosur

Le gouvernement autrichien devra s’opposer à la signature de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, en vertu du vote exprimé par les députés réunis en commission parlementaire le 18 septembre. Quatre des cinq partis représentés au Parlement, dont la majorité de droite, ont ainsi imposé au gouvernement de rejeter le traité. « L’Autriche va refuser le traité Mercosur » s’est félicitée la députée conservatrice (ÖVP) et ancienne ministre de l’Agriculture, Elisabeth Köstinger. Soulignant qu’« en Amérique du Sud, les forêts tropicales sont détruites par le feu afin de créer des pâturages et envoyer du bœuf bon marché en Europe ». Critiqué par plusieurs États membres en raison notamment des doutes qui planent sur les engagements du Brésil en faveur du climat, l’accord UE-Mercosur conclu en juin par la Commission est finalement encore loin d’être ratifié, la procédure officielle exigeant l’unanimité des chefs d’État et de gouvernement.