La situation actuelle du marché du lait est due surtout à l'abondance de l'offre au niveau mondial, affirme le commissaire européen à l'agriculture, jugeant que la réduction des livraisons, accompagnée de la recherche de débouchés supplémentaires, est la seule solution.
« La demande mondiale est en baisse et les approvisionnements doivent être adaptés en fonction. L'équilibre du marché ne sera restauré qu'une fois les ajustements effectivement mis en œuvre en termes d'approvisionnements réduits et de débouchés accrus » : telles est la réponse apportée fin juillet par Phil Hogan à une lettre que lui avaient adressée en juin les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) pour lui demander le déblocage de mesures de soutien du secteur du lait (1). « Je suis certain qu'une réaction responsable et orientée vers le marché de la part des producteurs serait efficace et améliorerait le marché », ajoute le commissaire européen à l'agriculture.
« Changer notre mentalité »
« Dans la situation actuelle, les quotas de production n'existant plus, il est essentiel que les agriculteurs et autres opérateurs économiques suivent les signaux du marché », insiste Phil Hogan dans sa lettre au Copa-Cogeca. « Relever les prix d'intervention ne ferait que retarder les ajustements inévitables et les rendre plus douloureux. Il est nécessaire de changer notre mentalité : le but n'est pas de produire autant que nous pouvons mais autant que nous pouvons vendre sur le marché ». Le commissaire européen souligne aussi que le super-prélèvement laitier sera « utilisé exclusivement pour financer les dépenses du Fonds européen agricole de garantie (Feaga) », mais qu'il n'y a « pas de base légale pour l'utiliser pour financer des mesures en faveur d'un secteur spécifique ». Il rappelle à ce propos que les États membres ont été autorisés à appliquer un régime de paiements échelonnés pour le super-prélèvement lié aux dépassements des quotas 2014/15.
Phil Hogan rappelle aussi que les États membres ont la possibilité de verser, avant le 1er décembre mais pas avant le 16 octobre, une avance de 50 % sur les paiements directs.
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(1) Voir n° 3502 du 22/06/15
(2) Voir n° 3505 du 13/07/15
Phil Hogan « m'a confirmé que réviser les niveaux d'intervention (pour les produits laitiers) prendra du temps du fait du processus de décision de l'UE », souligne le député européen James Nicholson (Royaume-Uni, groupe des Conservateurs et réformistes) dans un communiqué publié à l'issue d'un entretien avec le commissaire à l'agriculture. Celui-ci lui a précisé que, « même dans le meilleur des scénarios, avec un soutien unanime des États membres au Conseil et des membres du Parlement européen, le délai sera probablement de 12 mois ». Auteur d'un rapport sur le secteur laitier voté le 7 juillet par l'Assemblée (2), le parlementaire juge qu'il est donc « urgent » que la Commission de Bruxelles « commence le processus » de révision des prix d'intervention, « ce qui ferait beaucoup pour améliorer la confiance ».