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Produits pshytosanitaires Le Cruiser OSR pourra bien être utilisé

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Le Conseil d’Etat s’est estimé incompétent pour traiter la demande d’annulation de l’homologation du Cruiser OSR déposée par l’Unaf et FNE. Les agriculteurs pourront donc planter cet automne des semences de colza enrobé avec l’insecticide de Syngenta. C’est une source d’inquiétude pour les apiculteurs alors que dans certaines régions le dialogue se renoue avec les agriculteurs.

Les agriculteurs pourront bien semer cet automne du colza enrobé de Cruiser. En effet, le Conseil d’Etat a décidé, le 29 juillet, de rejeter la demande d’interdiction du Cruiser OSR de Syngenta, utilisé en traitement de semences sur le colza. L’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) et l’association France Nature environnement (FNE) avaient déposé un recours devant la plus haute instance juridique de l’Etat pour faire annuler la décision du ministère de l’Agriculture – prise le 3 juin dernier – d’autoriser l’usage du Cruiser. Mais le juge des référés du Conseil d’Etat s’est déclaré incompétent pour traiter ce dossier. Les deux organisations déposeront une nouvelle requête en référé devant le tribunal administratif. Mais elles ont conscience que leur action ne pourra pas aboutir rapidement.

Dialogue renoué
Le Cruiser utilisé comme fongicide et insecticide, est composé de trois molécules actives. C’est principalement la présence de thiaméthoxam (un insecticide systémique de la famille des néonicotinoïdes) qui inquiète les apiculteurs. Pour Julien Delaunay, apiculteur en Vendée et vice-président de la section apicole de la FNSEA, qui tenait une conférence de presse le 27 juillet, l’homologation du Cruiser est « le point noir » d’une saison apicole plutôt bonne en termes de récolte (voir encadré) et qui a vu agriculteurs et apiculteurs commencer à renouer le dialogue. Les professionnels de la région Pays de la Loire ont été cette année sensibilisés aux risques aigus d’intoxication des butineuses à travers le bulletin de santé du végétal (BSV). « Les agriculteurs ont joué le jeu. Dans ma région, on leur a demandé d’éviter les traitements le matin et en pleine journée au moment où les abeilles butinent. Et la pédagogie a bien marché », se félicite l’apiculteur. L’expérience a bien fonctionné et devrait faire tâche d’huile – les régions Centre et Aquitaine devraient suivre l’exemple.
L’homologation du Cruiser serait donc le grain de sable qui vient ruiner les efforts. « Nous avons eu tellement de déboire avec les molécules systémiques (comme le Gaucho et le Régent) qu’il est difficile de comprendre la décision du ministère de l’Agriculture », regrette Julien Launay. Et de poursuivre : « On n’a pas assez de recul sur cette molécule pour l’autoriser même si sur le papier elle permet aux agriculteurs de moins traiter leurs champs ».

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