Privé de ses ressources parafiscales qui ont été supprimées depuis deux ans, le Centre technique de la salaison a déposé le bilan et entame un processus de redressement judiciaire. La mobilisation sur ce dossier est peu visible et les solutions pour sauver ces 50 ans d’expertise n’apparaissent pas davantage.
Le Centre technique de la salaison, de la charcuterie et des conserves de viandes (CTSCCV) a été placé en redressement judiciaire, son équilibre n’étant plus assuré après deux ans difficiles consécutifs à la suppression des taxes parafiscales qui assuraient une part essentielle de son financement.
Centre technique industriel créé il y a cinquante ans et rendant maints services non seulement à la profession mais aussi aux différentes administrations, le CTSCCV avait un budget de l’ordre de 3,5 millions d’euros encore en 2003. Ses recettes provenaient à 40 % de la parafiscalité, à 10 % de diverses subventions sur des programmes de recherche, le reste étant lié à la facturation de ses prestations d’analyse, précise Jean Tayeb, le directeur du centre. Si la profession a apporté une contribution exceptionnelle en 2004 relayée par l’interprofession Inaporc en 2005, cela n’a pas suffi et le Centre, qui n’était pas autorisé à constituer de réserves, vient de se trouver en cessation de paiement. Malgré la création d’Aprivis, association d’entreprises volontaires pour stimuler la recherche et les transferts de technologie dans le secteur, aucune solution qui soit à la hauteur du problème ne semble prête. Pourtant, le même problème qu’a eu à résoudre le Centre technique de la conserve a été réglé par l’instauration d’une taxe fiscale affectée que les industriels avaient suggérée. Mais la santé financière des deux professions n’est probablement pas perçue de la même façon… Sans doute, la loi d’orientation agricole vient-elle de poser le principe que les centres techniques agro-industriels pourraient recevoir un soutien de l’Etat, mais cela ne peut être d’effet immédiat.
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La cinquantaine de salariés dont les emplois sont menacés en appellent aux pouvoirs publics pour que soit évité le démantèlement d’un organisme pourtant d’intérêt public : un rattachement, par exemple à l’Institut technique du porc ne leur paraît pas une solution convenable. La Fédération agroalimentaire de la CGT (FNAF) stigmatise à cette occasion « la politique de privatisation des contrôles sur injonction de Bruxelles » et la déréglementation, au mépris « des risques sanitaires ou nutritionnels que l’on fait courir aux populations ».