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Loup Le déclassement du loup en discussion

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Les éleveurs d'ovins de Savoie ont demandé l'abattage de cinq loups dans le Parc de la Vanoise, le 2 septembre. Le déclassement du loup reste une demande pressante de la profession.

« Annoncer le déclassement du loup dans la Convention de Berne est politicien. Car même si c'était le cas, le loup serait protégé », explique Jean-David Abel, référent loup pour France Nature environnement, le 2 septembre. La question du loup, de son statut et des éleveurs ressurgit sur fond de crise et au cœur de la saison des estives. « Nous demandons la possibilité de prélever des loups dans le cœur de parc (de la Vanoise, ndlr) », explique Jean-Claude Croze, président de la FDSEA de Savoie, le 2 septembre. 130 constats d'attaque de loups ont été enregistrés fin août en Savoie (contre 105 en 2014). Les éleveurs demandaient donc l'abattage de cinq loups d'ici fin 2015. Une cinquantaine d'entre eux ont séquestré pendant une journée le président, le directeur et un agent du parc de la Vanoise pour exprimer leur ras-le-bol. Le problème de fond est le même chaque année. Et chaque année, l'urgence est gérée.

« Elle s'est engagée »

Sauf qu'en juillet, les propos de la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal ont durablement marqué la profession : elle veut entamer des discussions à Bruxelles pour remettre en question le classement du loup dans la Convention de Berne. « Elle s'est engagée », affirme Jean-Claude Croze, ajoutant : « On est dans l'urgence. Il faut des résultats ». Jean-David Abel fait même référence à une délégation française envoyée à Bruxelles pour entamer les pourparlers. La Convention de Berne a pour objet « d'assurer la conservation de la flore et de la faune sauvages et de leurs habitats naturels, notamment des espèces et des habitats dont la conservation nécessite la coopération de plusieurs Etats, et de promouvoir une telle coopération. » Seul ennui : un déclassement du loup doit être communautaire. La France va devoir convaincre ses voisins européens.

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D'ici là, la lenteur, voire l'immobilisme des pouvoirs publics sur la gestion du loup inquiète sérieusement les éleveurs de montagne. « Si l'Etat abandonne aussi son élevage de montagne… », soufflait Jean-Claude Croze avant d'être reçu à la sous-préfecture de Saint-Jean-de-Maurienne. Finalement, la cinquantaine d'éleveurs d'ovins de Savoie mobilisés pour pouvoir « réguler » la population de loups du parc de la Vanoise ont obtenu gain de cause, « des engagements ». Des arrêtés préfectoraux devraient autoriser le prélèvement de six loups. 

Loup : les associations saisissent le Conseil d'Etat

France Nature environnement, la Ligue pour les Oiseaux et Humanité et Biodiversité ont saisi le Conseil d'Etat pour faire annuler deux arrêtés interministériels, le 2 septembre. « Avec ces arrêtés, l'Etat fait comme s'il n'y avait pas d'autres solutions », explique Jean-David Abel, référent loup pour France Nature environnement. Le premier portait à 36 le nombre maximum de tirs de prélèvements de loup. Le second porte sur les modalités de prélèvement du loup.