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Le député Potier veut intégrer le carbone et le social dans le règlement bio

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« Nous avons des normes en agriculture biologique qui sont aujourd’hui dépassées, puisqu’elles n’intègrent pas la dimension carbone, ni la dimension équitable », a estimé le député socialiste Dominique Potier le 18 novembre, à l’occasion d’un colloque organisé par l’Inrae autour du programme de recherche Metabio. Lancé au salon Tech & bio en 2019, ce méta-programme de recherche vise à assurer le changement d’échelle de l’agriculture biologique au niveau français, par différents leviers.

Or, pour Dominique Potier, ce développement plus large, revendiqué par le plan Ambition bio 2022 du gouvernement, supposera une refonte du bio. « Une réforme par la loi du label français ouvrirait la voie à une réforme européenne, et serait un formidable accélérateur d’une agriculture biologique, écologique, et sociale », a plaidé le député face aux chercheurs. Parmi les autres leviers qui permettraient d’assurer une hausse massive des surfaces certifiées, Dominique Potier a également cité la régulation du marché foncier, pour faciliter les installations, ainsi que le développement de marchés territoriaux.

Sa voix se joint à celle de la Fnab, qui demande de longue date un renforcement du cahier des charges. Les producteurs, déçus par la révision du règlement européen, ont cependant abandonné les espoirs de voir le label public évoluer. « L’Inao ne s’emparera pas de cette idée plus exigeante de la bio. Nous avons donc choisi la voie privée », souligne Guillaume Riou, président de la Fnab.

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Sa fédération, rappelle-t-il, a lancé en février dernier le label « Bio, Français, équitable » aux côtés de l’entreprise de surgelés Picard. L’initiative aurait pu sembler anecdotique, alors que d’autres acteurs comme Biocoop se lancent eux aussi dans ce type d’initiative. Mais le label de la Fnab, assure son président, n’est qu’une première brique vers une certification maison plus complète, qui pourrait demain imposer des exigences plus poussées que le cahier des charges public. Un volet biodiversité, annonce Guillaume Riou à Agra Presse, pourrait ainsi venir dès 2021 compléter le label « Bio, Français, équitable ».

« Une réforme du label français ouvrirait la voie à une réforme européenne »