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Élevage Le développement de marché à terme pour l’élevage n’est pas exclu

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Face à la volatilité du coût de l’alimentation, les professionnels de l’élevage commencent à réfléchir à la mise en place d’un marché à terme pour les productions animales. C’est au Space (salon international de l’élevage) qui se tenait à Rennes du 11 au 14 septembre, que les représentants de la filière ont fait part de leur réflexion.

«Nous sommes dans une démarche de sécurisation. Nous n’accompagnerons pas l’éleveur pour spéculer », a déclaré Michel Lopez, du Crédit agricole, au Space (salon international de l’élevage) le 11 septembre. Après une présentation des marchés à terme tels qu’ils existent dans les filières végétales, les experts présents à la conférence se sont penchés sur l’éventualité de mettre en place un marché à terme en filières animales. « Des outils de gestion du risque intéressent déjà les éleveurs qui achètent de l’aliment pour le bétail », poursuit Michel Lopez. Parallèlement, la Fédération européenne des fabricants d’aliments composés (Fefac) aborde la même question. « La Fefac appelle à améliorer et à développer les outils de gestion du risque prix pour les éleveurs et transformateurs de produits animaux, via par exemple des marchés à terme des produits animaux, qui ne fonctionnent pas aujourd’hui en Europe », apprend-on au cours d’une conférence de presse du 12 septembre. Face à l’éventualité d’un tel projet, les avis divergent. Les experts expliquent qu’un tel projet n’est pas réalisable avant au moins cinq ans. « Le marché à terme en production porcine intéressera lorsque la volatilité des prix du porc sera assez grande », partage Patrick Vanden Avenne, président de la Fefac le 12 septembre. En outre, la difficulté avec le marché à terme en production animale, c’est que les productions sont très variées (longe, côtes…). « Si le marché du blé fonctionne, c’est que le blé est un produit fongible », continue-t-il. En outre, l’exemple du marché à terme du porc à Hanovre est montré du doigt. « Il ne fonctionne pas. Il n’y a pas de liquidités », explique-t-on au Crédit agricole. Pourtant, pour les experts, si la volatilité des prix augmente en fréquence et en intensité, créer des marchés à terme en production animale permettrait de « sécuriser le revenu des éleveurs ». Concernant la mise en place concrète d’un tel marché, c’est loin d’être avancé. « Sur les produits animaux, il y aura création de marchés à terme si toute la filière sollicite une société de Bourse », explique Patrick Vanden Avenne. Et le blocage vient aussi de là. Pour certains, la filière n’est pas assez matûre pour se mettre autour de la table et discuter d’un tel projet.

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