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UE/Russie Le différend sur la viande aplani

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Le différend sur les viandes entre l’UE et la Russie est à présent réglé mais des problèmes subsisteraient néanmoins avec certains nouveaux Etats membres, en particulier la Pologne. David Byrne, le commissaire chargé de la santé et de la protection des consommateurs, qui était présent le 2 septembre à Moscou, s’est félicité de l’avancée enregistrée avec la Russie. Les Russes avaient menacé en juin de fermer leurs frontières aux viandes européennes fin septembre si un compromis satisfaisant n’était pas trouvé d’ici là.

Les « exportations de viande vers la Russie vont pouvoir continuer après la fin septembre », date limite fixée par Moscou pour régler ce conflit, a déclaré un porte-parole de la Commission.

Moscou avait demandé à l’UE, en mai, au moment de l’élargissement, de se doter d’un seul et unique certificat de conformité sanitaire et vétérinaire couvrant les exportations de l’ensemble des 25 pays membres, au lieu de laisser aux autorités nationales de chacun des pays membres le soin de fournir des certificats nationaux à leurs exportateurs, comme c’est le cas actuellement. L’UE n’ayant pas répondu favorablement à cette requête, la Russie avait d’abord suspendu, le 1er juin, ses importations de viande en provenance de l’UE. L’interdiction avait été levée quatre jours plus tard après plusieurs interventions à haut niveau de la Commission. Ces contacts avaient permis de convenir d’une nouvelle date butoir, fin septembre, pour la conclusion des négociations.

La Russie, qui souhaitait en particulier que la Commission européenne se charge elle-même de la délivrance des certificats d’exportation, a finalement renoncé à cette requête matériellement difficile à satisfaire. La solution négociée prévoit notamment l’instauration par la Russie de certificats que tous les Etats membres de l’UE exportant vers ce pays devront utiliser. Moscou a aussi convenu d’une nouvelle période transitoire de trois mois pour régler les détails du nouveau système. Par ailleurs, chaque État membre exportateur continuera à signer les certificats vétérinaires utilisés pour les exportations à partir de son territoire.

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Enfin, la Russie a accepté le principe de la régionalisation en cas d’apparition d’un foyer de maladie animale dans l’UE.

Selon Bruxelles, les nouveaux certificats russes introduisent davantage de transparence dans ce commerce. Il y aura des gagnants là où des marchés ont été ouverts où les exigences en matière de certification seront assouplis. Il y aura également des cas où les autorités nationales devront instaurer des systèmes permettant de satisfaire aux exigences du marché russe. Dans l’ensemble, il s’agit d’évolutions positives qui introduisent la stabilité et fournissent un point de départ pour progresser encore, note la Commission

Inquiétude en Pologne

Les Polonais, de leur côté, redoutent de faire les frais des caprices de l’administration russe. En effet, selon Jacek Leonkiewicz, porte-parole de l’inspection vétérinaire polonaise, les inspecteurs sanitaires russes, qui devaient contrôler environ 400 usines agroalimentaires polonaises souhaitant exporter vers la Russie, ont pris du retard et délivré seulement une vingtaine de certificats. Etant donné que la première étape des inspections n’a concerné que les usines de transformation de viande, le ministre de l’Agriculture, Wojciech Olejniczak, a adressé une lettre au chef de l’inspection vétérinaire et phytosanitaire russe l’invitant à lancer rapidement une deuxième étape des inspections, dans les unités polonaises de viande et de produits laitiers.