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Trois questions à Christophe Terrain, président de l’AGPM “Le dossier du maïs Bt 11 est perturbant pour nous”

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Le président de l’Association générale des producteurs de maïs croit que les OGM pourraient à l’avenir représenter une solution pour les agriculteurs français, si le marché venait à les accepter. Il craint en revanche que l’importation de maïs doux transgénique, dont le Bt11 actuellement en discussion à Bruxelles, ne vienne perturber la filière de maïs doux française et ne brouille le message des producteurs sur les OGM.

 

Vous avez rendu publique une étude montrant la possibilité d’une coexistence entre filière OGM et non-OGM. Cette coexistence est-elle souhaitable?

Nous sommes dans une démarche d’anticipation. Il est vrai que nous ne sommes pas dans une situation où les agriculteurs français ont impérativement besoin des OGM. D’autant que le marché n’est pas demandeur. Mais les choses pourraient évoluer d’ici quelques années.

Quels sont les OGM qui pourraient intéresser les agriculteurs français?

Si, dans la décennie qui vient, on voyait venir un maïs résistant au stress hydrique, les agriculteurs français pourraient y trouver un intérêt. A plus court terme, quand on voit la difficulté qu’ont les autorités à éradiquer la chrysomèle du maïs, on peut imaginer avoir un jour recours au maïs génétiquement modifié pour résister à cet insecte. La lutte par la rotation des cultures n’est pas réaliste dans des régions où l’on produit 80% de maïs. Par ailleurs, depuis l’interdiction de l’atrazine, les producteurs ont du mal à lutter contre certaines mauvaises herbes. Un maïs OGM pourrait représenter une solution

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Les ministre européens vont bientôt se prononcer sur l’autorisation d’importer du maïs doux Bt11. Quelle est votre position sur ce dossier?

C’est un dossier perturbant pour nous. Le maïs doux est destiné à la consommation humaine. Nos producteurs ont développé une filière franco-française porteuse d’une image de qualité, répondant aux attentes des consommateurs européens qui pour l’instant ne souhaitent pas d’OGM. L’arrivée de ce maïs génétiquement modifié risque de mettre du désordre sur ce marché et de générer des distorsions de concurrence au détriment de la production française. Elle risque également de brouiller notre message sur les OGM : préparer l’avenir en matière de recherche agronomique notamment, mais avec une production en phase avec les attentes du marché.

Propos recueillis par Frédéric Hontschoote