Fortement mis en avant ces dernières semaines, le dossier OGM doit être resitué dans un cadre plus général de politique agricole, a affirmé la Confédération paysanne le 24 janvier. Innovation dans sa stratégie : elle a publié une page de publicité dans le quotidien régional pour bien montrer que le travail de la Confédération ne se limitait pas à la question des OGM.
«Il faut remettre le dossier OGM dans le contexte général des enjeux de politique agricole », affirme Régis Hochart, porte-parole de la Confédération paysanne. D’autant que la période qui s’ouvre va être intense en rendez-vous politiques pour l’agriculture. Sans oublier des initiatives comme le rapport Attali qui, selon le porte-parole de la Confédération, « participe à la dérégulation de toute activité économique ». Ce n’est pas cela qui aboutira à une alimentation avec la quantité et la qualité qu’il faut, estime-t-il en substance. La Confédération paysanne entrevoit, dans les décisions qui semblent se prendre, le début d’une tendance qui verrait la disparition de pans importants de l’élevage, ovins, porcins, une partie de l’élevage bovin, tandis que la France se spécialiserait dans les grandes cultures et la production laitière.
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Le sort du premier pilier
Autre enjeu, l’avenir de la Pac et de son premier pilier, celui des aides directes. Quel sera l’impact de l’utilisation l’article 69 réformé (permettant de redistribuer des aides vers de nouveaux objectifs) ? « Je vois assez bien l’assurance récolte manger 80 % de la redistribution », affirme Régis Hochart qui compte absolument s’y opposer. Pour la Confédération, les montants redistribués doivent essentiellement se reporter sur les productions en difficulté, comme l’a d’ailleurs envisagé le ministre Michel Barnier. Quant au 2 e pilier de la Pac, il ne doit pas devenir un fourre-tout. S’il reste orienté vers quatre objectifs tels que les systèmes de production autonomes, la compensation des handicaps naturels, l’installation des actifs et la relocalisation de l’industrie agroalimentaire, cela conviendrait à la Confédération, affirment ses militants. Quant au plafonnement des aides par exploitation, « on en parle beaucoup mais il n’y a pas de réelle volonté de le mettre en œuvre », regrette Régis Hochart. Et de citer, pourtant, le président de la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor, qui envisageait dans une interview à Ouest France un plafonnement à 60 000 euros par exploitation, niveau jugé « plus intéressant » par la Confédération paysanne que les 300 000 euros souvent cités.