Après la restauration et la BVP surgelée, Louis Le Duff lance une nouvelle diversification en lançant sa « marketplace » sur la cible B to B. L’offre veut séduire rapidement 500 PME ou TPE et atteindre 10 000 références.
Gourming sera-t-elle la solution pour que les PME et TPE françaises de l’agroalimentaire aillent davantage sur les marchés export ? C’est en tout cas le pari de Louis Le Duff qui a lancé le 18 janvier sa place de marché à destination des professionnels. Les produits français sont appréciés dans le monde entier et demandés par les restaurateurs, les artisans et les enseignes d’épiceries fine, mais souvent l’offre manque. Car, en face, nombre de petites entreprises n’ont pas les moyens de se lancer à l’export. Or, il s’agit justement du cœur de cible de Gourming qui cherche à les attirer en nombre. « Déjà 250 producteurs se sont inscrits sur Gourming et nous comptons atteindre les 500 d’ici l’été », explique Anne-Laurence Velly, directrice digital et innovation du groupe Le Duff en charge de Gourming. La place de marché propose déjà 5000 références et compte arriver à 10 000 dans les prochains mois. L’offre est destinée d’abord aux clients de 25 pays d’Europe, avant d’élargir les expéditions à l’Amérique du nord et l’Asie en 2018.
Pour attirer les PME-TPE, la plate-forme joue la carte de la simplicité : elle propose de prendre en charge toutes les procédures d’exportation (notamment l’étiquetage réglementaire pour chaque pays) et l’expédition à partir d’Orly ainsi que l'encaissement des factures. À charge pour le producteur d’acheminer ses produits jusqu’à la région parisienne. Le producteur est assuré d’être payé puisque chaque commande est prise en compte seulement après réception du paiement par le client. Pour ses sevices, Gourming prélève une commission de 25% du montant de la commande.
« Pour être sur Gourming, le producteur doit répondre à notre audit qui porte essentiellement sur la qualité et la sécurité des produits, explique Anne-Laurence Velly. En fonction du score atteint, il est accepté ou non ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Outre les PME, des opérateurs plus importants sont aussi présents sur Gourming. Bridor et Cité gourmande, deux entreprises du groupe Le Duff, proposent leurs produits, ce qui fait de Gourming un nouveau canal de distribution. Existe-t-il un risque d’éviction de concurrents ? « Nous ne nous inscrivons pas dans cette logique, répond Anne-Laurence Velly, mais dans celle de la place de marché. Des producteurs proposent déjà des produits qui existent dans chez Bridor par exemple ».
Si le groupe reste discret sur les objectifs précis qu’il s’est fixé en termes de chiffre d’affaires, il l’est aussi sur les investissements consentis. « Plusieurs millions d’euros pour mettre sur pieds la plate-forme », indique-t-on. Des moyens sont mobilisés en ressource humaines internes, et des recrutements sont prévus. Anne-Laurence Velly se montre confiante sur les perspectives du marché des professionnels clients des produits hexagonaux et compte bien sur sa longueur d’avance pour réussir. « Aucune autre solution similaire n’est encore opérationnelle sur le marché français », indique-t-elle.