Acheter son nouveau cheptel grâce à une plateforme de financement participatif, c'est possible. Encore marginal, le « crowdfunding » est en passe d'être de plus en plus utilisé par les agriculteurs qui font souvent face à des banques frileuses. Le think tank Saf agr'idées a organisé un débat pour discuter du sujet, le 4 novembre.
LE financement d'une exploitation n'est plus l'apanage des banques. Désormais, il est possible de soutenir des projets agricoles par le biais du financement participatif. À l'image de la Ruche qui dit Oui, qui permet aux consommateurs d'acheter directement aux producteurs de leur région, et qui a mis en place des prêts collaboratifs sur la plateforme Hellomerci.com. Ainsi, cinq agriculteurs ont pu réaliser des achats de nouveaux matériels, véhicule frigorifique, etc. grâce à 55 000 euros prêtés par 300 prêteurs particuliers.
Cette forme de financement, qui se fait obligatoirement via des sites en ligne, s'appelle le crowdfunding. Elle a été actée par la loi du 31 juillet relative à l'économie sociale et solidaire. « À l'heure actuelle, le monde agricole n'est pas le plus concerné par le crowdfunding », relativise Benjamin Le Pendeven chercheur en finance et innovation au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) qui s'exprimait lors d'un débat organisé par Saf agr'idée à Paris le 4 novembre. Le crowdfunding reste un phénomène très occidental avec 65 % des financements aux Etats-Unis et 30 % en Europe. En agriculture, souvent, les montants sont modestes, autour de 15 000 euros pour un troisième tunnel de tomate par exemple, une production de fromage de chèvre dans la Creuse … « Il y a souvent des mélanges entre social et agricole », commente le chercheur. Au final, c'est la plateforme qui décide si elle accepte le projet ou non en fonction de la crédibilité et des valeurs portées. Quant au porteur de projet, il assure la communication. Bien souvent, la famille et les proches du demandeur sont les premières sources de financement, suivis par les voisins et les connaissances et enfin, lee publ+ic.
Confiance entre agriculteurs et particuliersLes crédits auprès des particuliers impliquent « une confiance » entre les deux parties, fait valoir la juriste Christine Lebel. Les banques resteraient plutôt frileuses pour financer certains projets tandis que les particuliers « croient » vraiment dans le projet de l'agriculteur.
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Il existe plusieurs formes de financement participatif : soit un prêt (rémunéré ou non) entre particuliers qui repose sur l'engagement d'un remboursement financier ou en nature par le porteur de projet ; soit un investissement en titre financier (part sociale ou action de la société financée) qui se présente comme une alternative et non un substitut aux financements classiques. « Ce mode de financement s'explique par le durcissement des conditions d'octroi de crédit bancaire et les difficultés de financement pour les jeunes entreprises », indique Christine Lebel.
Lors du débat, se pose tout de même la question du remboursement. Faire confiance c'est bien mais comment être sûr que l'argent ne servira pas à autre chose ? La solution résidera surement dans l'assurance participative qui « se positionnera demain comme la suite logique au financement participatif », selon Benjamin le Pendeven.