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Le Fira « hacké » par des anti-robots

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« Microsoft au compost », « des paysans, des animaux, pas des robots ». La première journée du Forum international de la robotique agricole (Fira) qui se tenait à Toulouse le 11 décembre a été interrompue pendant une heure en début d’après-midi par un groupe d’une quinzaine de manifestants opposés aux robots en agriculture.

Après avoir déployé plusieurs banderoles, ces derniers, dont plusieurs ont indiqué être agriculteurs, ont distribué un tract, estimant notamment que les robots « aggravent la situation économique des agriculteurs » et favorisent « le saccage des milieux naturels » via l’utilisation des métaux rares.

« Ce ne sont pas vos robots qui vont subitement rendre l’élevage ou le maraichage rentable. Au contraire, ils feront probablement encore baisser les prix des produits à la vente », indiquent-ils notamment, appelant « les acteurs du milieu agricole et pays an à se positionner par rapport à la vague d’innovation présentée dans les salons comme celui-ci ». Après que les organisateurs leurs ont donné la parole, les manifestants ont finalement accepté de quitter l’amphithéâtre du centre des congrès Diagora où se tenait l’événement.

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Cette irruption a quelque peu modifié le contenu de la table-ronde de l’après-midi, qui s'est concentrée sur l'acceptabilité sociale des robots. Ceux-ci ne sont pas une solution miracle pour tous les agriculteurs, conviennent certains opérateurs du secteur. Mais reste que ces technologies sont disponibles et que « les agriculteurs ne sont pas formés à l’utilisation de ces matériels », estime Loïc Haffner, technicien chez la coopérative Dijon Céréales.

« Je ne pense pas qu’on puisse aller contre des changements comme le changement climatique ou les évolutions numériques », a indiqué pour sa part Gaëtan Severac, un des fondateurs de Naïo Technologies, organisateur du Fira. « Ce n’est pas la bonne posture de se mettre en retrait de cela. Mais il y a un enjeu pour nous à accompagner ce changement pour changer les habitudes », juge-t-il. Que cela soit par l’enseignement agricole, en se familiarisant plus tôt avec la robotique, ou par un meilleur accompagnement des agriculteurs confrontés à la question de se robotiser ou non.

Mathieu Robert