Le Fonds carbone européen a réuni 105 millions d’euros pour acheter et vendre des quotas et des crédits de CO2. La Bourse française d’électricité Powernext lancera le 24 juin Powernext Carbon, bourse européenne de quotas de CO2. Deux nouvelles qui montrent que le marché du CO2 se met en place. L’agriculture n’est pas entrée en scène, mais elle le pourrait, et y trouver sa place comme vendeur de crédits de CO2.
Le Fonds carbone européen a réuni 105 millions d’euros pour son premier tour de table, ont annoncé les deux promoteurs de ce fonds d’investissement spécialisé, la Caisse des dépôts et consignations et la banque belge Fortis. Créé en octobre 2004, il visait initialement 100 millions d’euros de souscriptions. Ce fonds, une Sicav de droit luxembourgeois, est destiné à acheter et vendre des quotas et des crédits de CO2 et autres gaz à effet de serre. Sa mission sera d’intervenir sur le marché européen du CO2, ouvert officiellement en janvier dernier. Selon leur communiqué commun, les deux co-promoteurs ont mis 40 millions d’euros (25 millions pour la Caisse des dépôts et 15 millions pour Fortis). Les autres investisseurs sont : la Caisse nationale des caisses d’épargne, AGF, CNP Assurances, Société générale, Dexia et Fonds d’investissement nord-américain (10 millions chacun) ainsi que la Caixa general de depositos du Portugal (cinq millions).
Pour l’instant l’industrie…
S’agissant de la nouvelle plate-forme de négociation électronique, Powernext Carbon ambitionne de devenir la plaque tournante européenne des transactions au comptant de quotas de CO2. Elle sera en concurrence avec d’autres bourses européennes.
Les entreprises obligées de réduire leurs rejets de gaz carbonique, qui appartiennent pour l’instant uniquement aux industries fortement émettrices de CO2 pourront acheter ou vendre des tonnes de CO2 et autres gaz à effet de serre, selon qu’elles auront ou non dépassé ou sous-passé leurs plafonds d’émissions imposés par les gouvernements.
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Les industries fortement émettrices de CO2, donc soumises aux quotas, sont les cimentiers, les verriers, les centrales thermiques, mais aussi les industries agroalimentaires. Celles-ci ont un plafond d’émissions de sept millions de tonnes de CO2, sur un total de 750 millions de tonnes pour l’industrie française.
… demain l’agriculture ?
L’agriculture sera-t-elle un jour couverte par le régime des quotas d’émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre ? Des professionnels songent à cette nouvelle source de rémunération. Elle pourrait gagner à vendre des crédits de CO2, si, par des pratiques moins énergivores et en implantant par exemple davantage de légumineuses qui absorbent l’azote de l’air, elle réduisait non seulement ses propres émissions, mais aussi celles des autres secteurs, moyennent rémunération.
Pour l’instant les activités agricoles ne sont pas couvertes par le système d’échanges de CO2, mais les experts de la Caisse des dépôts estiment qu’il faut s’y préparer et que l’agriculture peut y gagner. En effet, après l’industrie, qui est déjà soumise aux quotas d’émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre, il sera demandé tôt ou tard aux deux autres grands secteurs émetteurs que sont les transports et l’agriculture de limiter leurs émissions.