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Le français Eloi ouvre une nouvelle voie vers l'installation

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La start-up Eloi veut créer une nouvelle manière de s’installer à destination des porteurs de projet d’exploitation de petite taille à forte valeur ajoutée (agroécologie, vente directe…), de plus en plus nombreux en France. « Par l’intermédiaire d’investisseurs, nous achetons des fermes de taille classique pour les revendre à plusieurs porteurs de projet, explique l’un des co-fondateurs, Maxime Pawlak (sur la photo de gauche ci-dessous aux côtés de François Moret). Nous créons des unités cohérentes de production, des ateliers, qui sont proposés via des appels à projet ».

Chaque exploitation reste indépendante ; les fondateurs d’Eloi veulent éviter l’installation collective, dont le taux d’échec est réputé élevé. La start-up impose deux règles de fonctionnement aux installés : s’inscrire dans des démarches agroécologiques et utiliser un magasin de producteurs commun. Dans une activité très réglementée, Eloi a passé deux étapes décisives : une validation de leur première acquisition (en Ille-et-Vilaine) par la commission technique départementale de Safer, en juin. Et une présentation jugée positive devant les professionnels agricoles de la région Bretagne.

Le challenge : pour ne pas laisser s’échapper un bien, Eloi doit l’acquérir sans que les projets ne soient finalisés, ni même que l’ensemble des futurs installés ne soient identifiés. Pour montre patte blanche, Eloi oblige les porteurs de projet à passer systématiquement par un parcours d’installation classique, et leur propose - durant cette période - un bail précaire à l’instar de ce que propose la Safer. Par ailleurs, certains business angels sont déjà bien connus du monde agricole, comme Olivier Clanchin (p.-d.g de Triballat), Marc-David Choukroun (Ruche qui dit oui)
 
Selon Maxime Pawlak, il y aurait environ 10000 porteurs de projet en France. Sa start-up vise une dizaine de projets en 2021, et une centaine par an d’ici cinq ans. « Si 40% des fermes sont transmises dans les dix ans, on peut s’attendre à 18 000 fermes sur le marché chaque année », rappelle-t-il. Le business model d’Eloi est simple : elle touche un pourcentage de l’opération. « Les porteurs de projet s’y retrouvent ; ils gagnent 20% d'investissement en moyenne en trouvant une taille de ferme plus proche de ce qu’ils recherchent et en mutualisant certains coûts ».

Actuellement, Eloi crée une société – fédérant plusieurs investisseurs privés – pour chaque exploitation achetée. A terme, Eloi veut créer un fonds d’investissement ouvert aux institutionnels, et industrialiser la procédure grâce au numérique, qui est le premier métier des fondateurs

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