Abonné

Le français Microspotter développe une «météo microbienne»

- - 3 min

La start-up nordiste Microspotter lance une levée de fonds pour mettre au point une surveillance des micro-organismes dans l’air permettant de réduire l’utilisation de pesticides. Elle espère obtenir 2 M€ et faire aboutir son projet de détecteur en 2023. « L’idée est de proposer un service de météorologie microbienne, explique le fondateur Yves Hatzfeld (troisième, sur la photo ci-dessous, entouré de son équipe). En temps quasi-réel, l’agriculteur sera informé du risque pathogène et pourra traiter ses cultures au plus près des besoins. »

L’utilisation de fongicides peut ainsi baisser de 20 à 50 %, d’après lui. Yves Hatzfeld, docteur en biologie moléculaire et ex-BASF, en a fait l’observation au Canada chez des producteurs d’oignons. Un labo de microbiologie s’y est associé à des coopératives pour mesurer au champ les pathogènes dans l’air. Cela à l’aide de capteurs dont les mesures sont effectuées tous les deux jours et les résultats connus au bout de 24 à 72 h.

Microspotter, créée en 2018, travaille avec des élèves ingénieurs lillois de l’Icam sur la conception d’un détecteur de micro-organismes dans l’air. Trois prototypes devaient lui être livrés fin juin. Ils s’appuient sur des techniques récentes de microscopie, d’imagerie et d’apprentissage automatique dans un système léger, rapide et économique puisque le prix de revient visé par machine représente environ 1 000 euros.
La technologie utilisée permet de détecter les pathogènes à leur arrivée dans le champ, sous forme de spores transportées par le vent. De telles données microbiologiques renforce aussi la qualité des modèles prédictifs du risque de maladies.

« D’ici trois à quatre ans, Microspotter doit pouvoir installer ses capteurs sur un territoire, d’abord le Nord puis le Pas-de-Calais, annonce Yves Hatzfeld. Il en faut à peu près un tous les dix kilomètres. Les productions visées sont celles nécessitant beaucoup de phytos, à cause de l’importance des surfaces ou de la fréquence des traitements. Pour ces deux raisons, la pomme de terre est une bonne cible. »

Le service de surveillance des microbes dans l’air est prévu sous forme d’abonnement d’une dizaine d’euros par hectare, que le patron de la start-up met en parallèle avec le coût d’un passage fongicide, soit une quarantaine d’euros à l’hectare, d’après lui. Une offre destinée aux agriculteurs, coopératives ou même éditeurs de logiciel.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

pesticides
Suivi
Suivre
levée de fonds
Suivi
Suivre