Alors que le « G-4 » (Etats-Unis, UE, Brésil, Inde) puis le « G-6 » (G-4, Australie et Japon) espéraient sortir les négociations de l’impasse, la rencontre ministérielle des 11 et 12 avril à New Delhi (Inde), ne devait pas provoquer de sursaut immédiat du cycle de Doha. De source communautaire, les délégations devaient se quitter sur une simple déclaration indiquant notamment leur intention d’intensifier le rythme des réunions.
Après une série de réunions bilatérales à New Delhi pour tenter de trouver un compromis agricole, les grands acteurs de la négociation du cycle de Doha devaient s’entendre sur un resserrement du calendrier de discussion sans dévoiler véritablement le contenu de leurs échanges. « Le résultat de ces réunions sera transmis aux présidents des différents groupes de négociation », s’est contenté d’indiquer le ministre indien du commerce Kamal Nath, en marge des discussions. De son côté, le commissaire européen au commerce Peter Mandelson a assuré avant de nouvelles entrevues qu’il était toujours optimiste, montrait toujours de la flexibilité et faisait de son mieux pour défendre cette position au nom de l’UE.
Le comité de l’OMC chargé des négociations agricoles devait se réunir le 13 avril, à Genève, pour une session spéciale de discussions informelles.
« Encourager la croissance, atténuer la pauvreté »
Le directeur général de l’OMC a présenté, le 12 avril, les chiffres de la croissance du commerce mondial en 2006 et ses estimations pour 2007. Pascal Lamy s’est inquiété d’un possible ralentissement de la progression des échanges à seulement 6 % cette année contre 8 % l’année précédente. « La meilleure contribution que l’OMC peut apporter est de continuer à renforcer le système commercial multilatéral, a-t-il défendu. Le succès du cycle de Doha pourrait faire beaucoup pour encourager la croissance et atténuer la pauvreté. Un accord se traduirait aussi par des règles plus pertinentes qui contribueraient à établir un fondement plus stable et plus sûr pour l’environnement dynamique qui caractérise les marchés mondiaux aujourd’hui ».
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La FAO s’inquiète des conséquences de la libéralisation
A contre-pied de cette analyse, la FAO a présenté, le 11 avril, un rapport qui met en garde sur les conséquences néfastes de la libéralisation des échanges de produits agricoles. Celle-ci pourrait avoir un coût important pour les pays pauvres si des mesures de protection ne sont pas mises en place, affirme l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. « Non seulement certains pays en développement ne tireraient pas profit de la libéralisation du commerce, mais dans certains cas, ils pourraient en être gravement affectés », a prévenu David Hallam, le responsable du services des politiques commerciales de la FAO. Pour lui, les négociations devraient davantage prendre en compte « l’hétérogénéité » des situations agricoles et commerciales.
Les baisses des droits de douane accentuent l’exposition des pays africains à la concurrence des importations, indique le rapport. Cela peut « porter un préjudice à la croissance agricole, à la sécurité alimentaire, aux revenus et à l’emploi (...) Face à ces risques réels, les bienfaits de la libéralisation paraissent moins tangibles ». Quoiqu’il en soit, « un accord multilatéral supposant des engagements à réduire les protections à la frontière a de faibles chances d’aboutir, à moins que ces questions ne soient traitées d’une manière plus appropriée », conclut le rapport.