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Sécurité alimentaire Le G20 pour la « promotion » de la production agricole et une régulation financière

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« L’augmentation de la production est essentielle pour nourrir la population mondiale », a souligné le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy, lors de la présentation à la presse des conclusions du sommet du G20 qui s’est tenu les 3 et 4 décembre à Cannes sous sa présidence. Décidés à « agir dans le cadre du Plan d’action sur la volatilité des prix alimentaires et sur l’agriculture » approuvé par leurs ministres en juin 2011, les participants ont arrêté une série d’orientations concernant notamment la « promotion » de la production agricole, la transparence des marchés et la régulation des marchés de dérivés de matières premières (1).

«Le G20 a, pour la première fois, inscrit les enjeux agricoles à son agenda. La transparence des marchés agricoles est renforcée par l’établissement auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) d’une base de données sur les productions et les stocks de denrées. Les marchés de dérivés de matières premières seront mieux régulés, de manière à limiter les abus de marchés. Enfin, pour prévenir les famines, des stocks humanitaires d’urgence seront prépositionnés dans les régions vulnérables et le G20 s’engage à renoncer à toute restriction à l’exportation de denrées destinées au Programme alimentaire mondial ». C’est là, selon une communication faite lors du conseil des ministres français du 7 novembre, un des résultats du sommet du G20 qui s’est tenu les 3 et 4 novembre à Cannes.
« Nous avons obtenu la régulation des marchés dérivés de matières premières », avait assuré, à l’issue de cette réunion, le chef de l’Etat français, qui en assurait la présidence. « Quand nous avons commencé (...) nous ne pensions pas qu’on pourrait arriver à un tel résultat dans un sommet de cette nature », avait ajouté Nicolas Sarkozy.
« Prévenir les abus de marché »
« Dans le cadre de notre programme de régulation financière, nous entérinons les recommandations de l’OICV », déclarent les chefs d’Etat et de gouvernement du G20, selon le communiqué publié à l’issue de leurs réunion. « Nous convenons que les régulateurs de marché doivent être dotés de réels pouvoirs d’intervention pour prévenir les abus de marché. En particulier, ils devraient, entre autres pouvoirs d’intervention, disposer et faire usage de leurs pouvoirs de contrôle des positions, y compris établir des limites de position ex ante en tant que de besoin ». L’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV) est une organisation internationale créée en 1983 qui regroupe les régulateurs des principales Bourses dans le monde pour l’amélioration de la régulation et de la supervision des marchés de dérivés de matières premières.
Selon une note du ministère français de l’Agriculture, le rapport de l’OICV entériné par le G20 souligne que « les régulateurs devraient avoir la possibilité de contraindre les opérateurs à modifier leurs positions, mais également le pouvoir de fixer, ex ante, des limites aux positions que peut détenir un même acteur, comme cela existe sur les produits agricoles aux Etats-Unis depuis 1936».
Parmi les autres instruments mis en avant dans le rapport figure la possibilité de mettre en place des instruments de type « coupe-circuit ». Ils existent déjà sur de nombreux marchés où les transactions sont suspendues lorsque les prix varient trop fortement sur une courte période.

La recherche pour améliorer la productivité
« Promouvoir la production agricole est essentiel pour nourrir la population mondiale », ont par ailleurs affirmé les participants au sommet du G20. « A cette fin, nous décidons d’agir dans le cadre du Plan d’action sur la volatilité des prix alimentaires et sur l’agriculture approuvé par nos ministres de l’agriculture en juin 2011 », ajoutent-ils (2). « En particulier, nous décidons d’investir dans la recherche et développement en matière de productivité agricole et de la soutenir ».
« Nous avons lancé le “Système d’information sur les marchés agricoles” (SIMA) pour accroître la transparence sur les marchés des produits agricoles », poursuit le communiqué final (3). « Pour renforcer la sécurité alimentaire, nous nous engageons à élaborer les instruments appropriés pour la gestion des risques et des situations humanitaires d’urgence. Nous décidons que les denrées alimentaires achetées par le Programme alimentaire mondial à des fins humanitaires non commerciales ne seront pas soumises à des restrictions aux exportations ou à des taxes extraordinaires.
Enfin, le sommet du G20 se félicite « de la création d’un « Forum de réaction rapide » afin d’améliorer la capacité de la communauté internationale à coordonner les politiques et à élaborer des réponses communes en cas de crises des marchés ».

Cycle de Doha : trouver des « approches neuves et crédibles »
Par ailleurs, les « Vingt » réitèrent leur « attachement » au cycle de Doha (4). Toutefois, « il est clair que nous ne (le) conclurons pas si nous continuons à conduire les négociations comme par le passé », reconnaissent-ils, demandant à leurs ministres de « travailler » sur des « approches neuves et crédibles » lors de la conférence de l’OMC en décembre.
Le sommet de Cannes s’est aussi déclaré « favorable au renforcement de l’OMC qui doit jouer un rôle plus actif dans l’amélioration de la transparence des relations et des politiques commerciales et dans celle du fonctionnement du mécanisme de règlement des différends ».
Parallèlement, le G20 se dit « résolu à renforcer la dimension sociale de la mondialisation ».
 
(1) Voir n° 3323 du 07/11/11
(2) Voir n° 3307 du 27/06/11
(3) et (4) Voir même numéro

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