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Le gaz renouvelable, un débouché d’avenir pour les déchets agricoles

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La France compte 17 sites d’injection de gaz renouvelable en 2015, a présenté la filière à Paris, le 21 avril. La loi de transition énergétique fixe comme objectif 10 % de gaz renouvelable dans la consommation française de gaz naturel à l’horizon 2030. Une aubaine pour le monde agricole dont les déchets permettent de produire ce gaz naturel renouvelable.

« En 2015, avec 17 sites d’injection, le gaz renouvelable est devenu une réalité », a déclaré Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (Ser), lors de la présentation du premier panorama gaz renouvelable à Paris, le 21 avril. Cette jeune filière a permis d’éviter l’émission de 15 000 tonnes de gaz à effet de serre et d’alimenter le réseau de gaz naturel avec 82 gigawattheure (GWh) de gaz « vert ». Pour rappel, la loi de transition énergétique prévoit d’atteindre 10 % de gaz renouvelable dans la consommation totale de gaz en France à l’horizon 2030. Ainsi, le Conseil supérieur de l’énergie (CSE) vient d’adopter à une large majorité le projet d’arrêté relatif à la Programmation des capacités de production d’énergie renouvelable, le 15 avril. « Pour le biométhane injecté, l’objectif est confirmé à 8 TWh », se réjouissait le Ser, après l’adoption du projet d’arrêté. Pour rappel, 200 projets de raccordement au réseau de gaz sont en attente dans toute la France, soit une puissance de 3,8 TWh, équivalent à la consommation annuelle de 320 000 foyers. Ces projets devraient être fonctionnels d’ici deux à quatre ans.

Des défis à relever

Quant à la rentabilité des installations, la question n’a pas encore de réponses. L’Ademe attend des retours d’expériences. « Tous les projets ne sont pas équipés, mais c’est en cours », rappelle Catherine Foulounneau, directrice stratégie et territoires de GRDF (réseau de distribution de gaz naturel). Les résultats de l’étude sont attendus pour fin 2017. Une chose est sûre : peu de projets sont non-subventionnés par l’Ademe, les chambres d’agriculture, etc. Pour ce qui est de la recherche de financement, les professionnels rappellent que les projets agricoles autonomes n’ont pas de mal à trouver. En revanche, les projets territoriaux impliquant plusieurs acteurs (agriculteurs, industriels, station d’épuration, etc.) ont plus de mal. « Nous proposons de mettre en place un fonds de garantie pour accompagner ce type de projets », rappelle Jean-Louis Bal. D'autres revendications sont portées par le Ser pour atteindre les objectifs de la loi de transition énergétique : permettre aux projets déjà en route de bénéficier des tarifs des nouveaux projets, exonérer de taxe foncière les projets territoriaux (les projets agricoles autonomes sont déjà exonérés) ou encore exonérer les projets d'injection de la contribution climat-énergie.

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Optimisme

Néanmoins, la filière est optimiste quant au développement du biogaz en France. « Nous sommes partis avec du retard par rapport à nos voisins européens, mais notre modèle fonctionne », affirme Catherine Foulonneau. De fait, l’Allemagne compte aujourd’hui 165 unités d’injection du gaz dans le réseau pour une puissance totale de 10 TWh. Mais la France a interdit l’utilisation des cultures alimentaires pour faire du biogaz. En outre, la filière française se sent écoutée des pouvoirs publics. « Il est clair que le gouvernement a favorisé l’injection à la cogénération (qui produit aussi de l’électricité, ndlr) », développe Jean-Louis Bal rappelant que l’électricité peut être produite de nombreuses autres manières. Dans ce contexte, le gaz renouvelable semble avoir de l'avenir. Et l'agriculture en fait partie. Selon les prévisions de l'Ademe, les effluents d’élevage et les déchets de cultures ne représenteront pas moins de 80 % du gisement national pour la méthanisation à horizon 2030 (voir graphique).