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Céréales à paille Le Gnis veut contrer la baisse d’utilisation des semences certifiées

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Inquiet de la baisse d’utilisation des semences certifiées et de ses conséquences sur les budgets de recherche des semenciers, le Gnis se prépare à lancer une campagne de communication.

Crise oblige, les céréaliers se sont détournés des semences certifiées pour la campagne 2009/2010. En blé tendre, les ventes auraient baissé de 10 %. Et selon une enquête réalisée par ADquation pour le Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences) présentée le 18 mai en conférence de presse à Paris, le taux d’utilisation évalué auprès de 511 céréaliers se serait réduit de 6 % en volume, ne dépassant pas un total de 50 %. Cette baisse « est comparable à celle de 2001/2002 », a indiqué Philippe Silhol, chef du service économie et statistiques du Gnis. Les agriculteurs ne renoncent pas forcément à cet intrant, mais ils en diminuent l’utilisation sur leur ferme, par exemple en réduisant les densités de semis. Dans 73 % des cas, ils justifient leur choix par des raisons économiques. « Plus que le prix de la semence, c’est le prix perçu pour le produit final qui est un frein à l’achat », a estimé Eric Devron, vice-président de la section céréales à paille du Gnis. Pour l’organisation, la baisse des ventes de semences certifiées va en tout cas se traduire directement dans les efforts de recherche.

Des attentes décuplées vis-à-vis des semences
« Les royalties qui en sont issues financent à 85 % la recherche », a précisé Robert Pellerin, président de la section céréales à paille du groupement. La part de la CVO (Cotisation volontaire obligatoire) prélevée sur les semences de ferme ne constitue finalement que 15 % du budget, hors investissements privés. Or cette réduction des sommes disponibles pour la recherche intervient alors même que les attentes vis-à-vis des semences sont décuplées : pour beaucoup, elles apparaissent comme un levier essentiel pour parvenir à réduire l’utilisation des pesticides, notamment. « Ce qui m’a frappé dans l’enquête que nous avons réalisée, c’est l’inversion de la tendance entre le besoin exprimé par les agriculteurs d’une meilleure productivité et leur demande de variétés plus rustiques », a noté Robert Pellerin. Ils sont 57 % à estimer ce dernier axe prioritaire pour la recherche, contre 26 % en ce qui concerne le rendement. Accompagné des céréaliers, obtenteurs, meuniers, producteurs, le Gnis compte donc lancer prochainement une campagne de communication sur le sujet. Objectif : montrer aux agriculteurs que si l’investissement dans la semence peut sembler un coût, ce n’est plus tout à fait le cas dès lors que sont intégrés tous les éléments entrant dans la fabrication de la semence de ferme… Et il s’agira surtout de présenter cette dépense comme « un geste responsable », a indiqué Eric Devron.

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